On se pose souvent cette question sans oser la formuler clairement : mais comment une croix, un instrument de torture, un objet de mort, peut-il être source de vie ? Ça paraît absurde, hein ? Et pourtant, c’est exactement ce que l’évangile nous dit.

Dans notre société, on a du mal avec la souffrance. On veut l’éviter, l’anesthésier, la fuir. On nous vend du bonheur facile, de l’épanouissement sans effort. Alors forcément, quand on nous parle d’une croix comme chemin de salut, ça choque, ça dérange.

Mais si on y réfléchit bien, on voit que dans nos vies, c’est souvent à travers les épreuves qu’on grandit vraiment. Ce sont pas les moments faciles qui nous transforment en profondeur, c’est quand on traverse quelque chose de dur, qu’on en ressort différent, plus fort, plus humain. La croix, c’est ce symbole-là poussé à l’extrême : c’est l’amour qui va jusqu’au bout de la souffrance, sans reculer, sans fuir.

Alors oui, la croix est source de salut, mais pas parce que la souffrance en elle-même serait bonne. C’est parce qu’elle est traversée par l’amour. C’est le don de soi qui donne sens à la douleur, pas la douleur en elle-même. Jésus n’a pas cherché la souffrance, il l’a acceptée par fidélité à l’amour qu’il portait aux hommes.

Aujourd’hui encore, on peut se demander si la croix a encore un sens pour nous. Dans nos existences, on rencontre nos propres croix : la maladie, la perte d’un être cher, l’échec, la solitude. Est-ce que ces croix-là peuvent aussi devenir source de vie ?

Je crois que oui, à condition qu’on ne les traverse pas seul. À condition qu’on les traverse avec amour, avec espérance, en gardant confiance que quelque chose de plus grand nous attend derrière. La croix n’est pas une fin en soi, elle est un passage. Et c’est ça, peut-être, le vrai salut : ne pas rester bloqué dans la souffrance, mais la traverser pour aller vers la vie.

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