L’Evangile

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
    Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.’
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
‘Rembourse ta dette !’
    Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.’
    Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
‘Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’
    Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

    C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

Sa réflexion

En ce moment, tu vois bien que les tensions montent vite. Entre les disputes à la maison, les conflits au travail, et même ce qui se passe en ligne, ça va vite : un mot de travers, une accusation, et après, on rumine. L’évangile de dimanche, avec l’histoire d’un serviteur qui ne veut pas pardonner alors qu’on lui a remis une dette énorme, ça parle directement à nos vies. Parce qu’on peut comprendre le pardon comme une idée, mais dans la pratique, c’est difficile. Le serviteur, lui, se croit “juste”. Il dit en gros : “Moi aussi je suis victime.” Et pourtant, il oublie ce qu’il vient de recevoir.
Ça me fait réfléchir : combien de fois on garde des comptes alors qu’on en a nous-mêmes besoin qu’on nous comprenne ? On peut avoir l’impression que pardonner, c’est minimiser, ou accepter l’inacceptable. Mais le pardon, ce n’est pas dire “ce n’était rien”. C’est plutôt refuser que la colère décide de toute la suite. C’est lâcher le désir de vengeance qui finit par nous enfermer.
Et puis il y a un détail fort : celui qui refuse de pardonner finit par perdre. Il ne gagne pas en liberté, il gagne en rancune. Alors que celui qui accueille le pardon retrouve un chemin.
Aujourd’hui, ça peut vouloir dire : parler avant que ça explose, dire “je suis désolé”, demander pardon quand on a blessé, et surtout essayer de laisser tomber ce qui nous détruit. Pas une fois “parfait”, mais petit à petit, avec la force de recommencer.

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