L’Evangile

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ;
ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient,
après les avoir froissés dans leurs mains.
    Quelques pharisiens dirent alors :
« Pourquoi faites-vous
ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? »
    Jésus leur répondit :
« N’avez-vous pas lu ce que fit David
un jour qu’il eut faim,
lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?
    Il entra dans la maison de Dieu,
prit les pains de l’offrande, en mangea
et en donna à ceux qui l’accompagnaient,
alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. »
    Il leur disait encore :
« Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

Sa réflexion

Alors là, franchement, cette histoire d’épis de blé arrachés un jour de sabbat, ça peut nous paraître complètement dérisoire aujourd’hui. On se dit : mais pourquoi tout ce foin pour quelques grains de blé ? Et pourtant, quand on y réfléchit bien, ça nous parle vachement de notre époque.

On vit dans une société où on a multiplié les règles, les process, les protocoles à n’en plus finir. Au boulot, à l’administration, même dans nos vies de famille parfois, on a tellement encadré les choses qu’on en oublie parfois pourquoi on les a mises en place. Les pharisiens, dans ce passage, ils connaissent la loi par cœur, ils savent exactement ce qui est interdit le jour du sabbat. Mais Jésus, lui, il leur rappelle un truc essentiel : la loi, elle est faite pour l’homme, pas l’homme pour la loi.

Et ça, c’est terriblement actuel. Combien de fois on voit des gens complètement écrasés par des règlements absurdes, des administrations qui appliquent la règle à la lettre sans regarder la personne qui est en face ? On a tous connu ça, cette impression d’être un numéro, un dossier, plutôt qu’un être humain avec une histoire, une souffrance, un besoin.

Jésus ne dit pas que la loi ne sert à rien, attention. Il se présente même comme « maître du sabbat », donc il a autorité sur cette loi qu’il connaît parfaitement. Mais il remet les choses dans le bon ordre : d’abord la personne, sa faim, sa dignité, et ensuite seulement le cadre qui doit servir cette dignité.

Dans notre quotidien hyperconnecté et hyper réglementé, cette parole nous invite à ne jamais oublier l’essentiel : derrière chaque règle, il y a censé y avoir de l’amour, du bon sens, du respect de la personne. Sinon, ça devient juste de la bureaucratie froide, et ça, ce n’est certainement pas ce que Dieu attend de nous.

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