On vit dans un monde où la fracture est devenue presque normale. Les politiques divisent, les réseaux sociaux divisent, les médias divisent. On a l’impression que tout le monde parle fort et que personne ne s’écoute vraiment. Et au milieu de tout ça, on attend quelque chose. On attend des gens capables de faire autre chose que d’attiser les peurs et d’exploiter les colères.

Parce que le vrai leadership, le leadership qui tient dans la durée, ce n’est pas celui qui crie le plus fort. C’est celui qui sait rassembler des gens différents autour d’une vision commune. Pas en effaçant les différences, pas en faisant semblant qu’elles n’existent pas, mais en trouvant ce qui est plus grand que nos désaccords : le souci des uns pour les autres, le désir que les générations qui viennent vivent mieux que nous.

Un dirigeant qui fait l’unité, ça ne veut pas dire un dirigeant qui met tout le monde d’accord. C’est impossible, et ce serait suspect. Ça veut dire quelqu’un qui crée les conditions pour qu’on puisse se parler, se comprendre, travailler ensemble malgré nos différences. Quelqu’un qui refuse de gagner en divisant, parce qu’il sait que ce qu’on gagne comme ça, on le perd deux fois plus vite.

Et puis il y a la question du social. Un dirigeant qui voit vraiment les gens. Pas les statistiques, pas les catégories électorales, pas les cases dans un tableau excel. Les gens. Celui qui galère en fin de mois, celle qui élève seule ses enfants, le jeune qui ne trouve pas sa place, l’ancien qui se sent devenu invisible. Un dirigeant social, ce n’est pas forcément quelqu’un qui distribue des aides. C’est quelqu’un qui structure la société de façon à ce que chacun ait une chance réelle de s’en sortir et de contribuer.

Et enfin, le bien commun. C’est une idée simple, mais elle demande un sacré courage pour être mise en pratique. Parce que défendre le bien commun, ça veut dire parfois contrarier des intérêts puissants. Ça veut dire penser à long terme dans un monde politique qui pense à court terme. Ça veut dire accepter d’être impopulaire pour une décision juste.

Le monde ne manque pas de gens intelligents ni de gens ambitieux. Ce dont il manque, ce sont des gens qui mettent leur intelligence et leur ambition au service de l’humanité entière. Pas de leur clan, pas de leur camp. De l’humanité.

On a besoin de dirigeants qui voient grand, qui pensent loin, et qui n’oublient jamais que derrière chaque chiffre, il y a une vie humaine.

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