Accueillir l’autre, c’est accueillir le Christ. Cette phrase, on l’a peut-être entendue des dizaines de fois. Mais est-ce qu’on la prend vraiment au sérieux dans notre vie de tous les jours ? Parce que c’est pas une jolie formule pour les affiches d’église. C’est quelque chose de concret, de radical même.

On vit dans un monde où chacun est très occupé par lui-même. Les réseaux sociaux nous donnent l’illusion d’être connectés, mais au fond, on se retrouve souvent seuls face à nos écrans, sans vraiment rencontrer personne. On fait défiler des visages, des histoires, des vies — mais est-ce qu’on accueille vraiment quelqu’un ? Accueillir, ça demande plus que ça. Ça demande de s’arrêter.
Dans l’Évangile, Jésus dit clairement : celui qui vous reçoit, me reçoit. Ce n’est pas symbolique. C’est littéral. Quand je prends le temps d’écouter un ami qui traverse une période difficile, quand je fais de la place dans mon agenda pour quelqu’un qui en a besoin, quand j’ouvre ma porte — au sens propre ou au sens figuré — c’est le Christ que j’accueille. Ça change tout.
Et ça concerne aussi les gens qu’on n’a pas choisis. Parce qu’accueillir nos amis proches, ceux qu’on aime bien, ça c’est facile. Mais accueillir le collègue qui nous énerve un peu, accueillir le membre de la famille avec qui c’est compliqué, accueillir l’étranger dont on ne comprend pas la culture — là, ça devient un vrai défi. Et c’est exactement là que la foi se joue dans le réel.
Accueillir, ça ne veut pas dire tout accepter sans discernement. Ça ne veut pas dire effacer nos limites. Mais ça veut dire regarder l’autre avec les yeux de quelqu’un qui croit que cette personne porte quelque chose de sacré en elle. Que derrière ce visage, même abîmé, même difficile, il y a une dignité que rien ne peut effacer.
Dans notre monde fracturé, où les peurs se multiplient et où les murs se construisent plus vite que les ponts, le chrétien est appelé à être celui qui ouvre la porte. Pas naïvement. Mais courageusement. Parce que dans chaque visage accueilli, c’est le Christ lui-même qui passe le seuil.

Laisser un commentaire