L’Evangile

« Si tu le veux, tu peux me purifier » (Mt 8, 1-4)

Alléluia. Alléluia.
Le Christ a pris nos souffrances,
il a porté nos maladies.
Alléluia. (Mt 8, 17)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Lorsque Jésus descendit de la montagne,
des foules nombreuses le suivirent.
    Et voici qu’un lépreux s’approcha,
se prosterna devant lui et dit :
« Seigneur, si tu le veux,
tu peux me purifier. »
    Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre.
    Jésus lui dit :
« Attention, ne dis rien à personne,
mais va te montrer au prêtre.
Et donne l’offrande que Moïse a prescrite :
ce sera pour les gens un témoignage. »

Sa réflexion

Tu sais, ce passage de l’Évangile de Matthieu, il est court, mais il dit tellement de choses sur la façon dont Jésus se comporte avec les gens. Un lépreux s’approche de lui. Et déjà là, c’est énorme. Parce que dans ce temps-là, un lépreux, c’était quelqu’un d’exclu, de mis à l’écart. On ne l’approchait pas. On le regardait de loin, au mieux avec pitié, au pire avec dégoût. Il était considéré comme impur, comme une honte sociale. Un peu comme aujourd’hui quand on évite certaines personnes parce qu’elles dérangent, parce qu’elles sentent mauvais dans le métro, parce qu’elles ont l’air trop abîmées par la vie.

Et voilà que cet homme ose s’approcher de Jésus. Il dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Il ne dit pas : « guéris-moi. » Il dit : « purifie-moi. » C’est-à-dire, rends-moi digne d’exister parmi les autres. Rends-moi humain aux yeux de tous. C’est une demande profonde, une demande de dignité retrouvée.

Et Jésus, qu’est-ce qu’il fait ? Il ne recule pas. Il tend la main et il le touche. Ce geste-là, aujourd’hui, on le sous-estime peut-être. Mais toucher quelqu’un que tout le monde fuit, c’est révolutionnaire. C’est dire : tu comptes. Tu existes. Tu as de la valeur.

Dans nos vies aujourd’hui, combien de personnes attendent juste ça ? Un regard. Un geste. Quelqu’un qui ne traverse pas la rue pour les éviter. On vit dans des sociétés hyper connectées et pourtant tellement de gens se sentent intouchables, pas au sens où ils sont puissants, mais au sens où personne ne les touche vraiment, personne ne les rejoint dans leur solitude.

Jésus, lui, il touche. Et il guérit. Et il dit : « Je le veux. » Pas : « on verra », pas : « mérite-le d’abord. » Juste : « Je le veux. » Voilà une bonne nouvelle pour nous tous aujourd’hui.

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