L’Evangile
La maison construite sur le roc et la maison construite sur le sable (Mt 7, 21-29)

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !”
qu’on entrera dans le royaume des Cieux,
mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Ce jour-là, beaucoup me diront :
“Seigneur, Seigneur,
n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé,
en ton nom que nous avons expulsé les démons,
en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?”
Alors je leur déclarerai :
“Je ne vous ai jamais connus.
Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là
et les met en pratique
est comparable à un homme prévoyant
qui a construit sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé,
les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ;
la maison ne s’est pas écroulée,
car elle était fondée sur le roc.
Et celui qui entend de moi ces paroles
sans les mettre en pratique
est comparable à un homme insensé
qui a construit sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé,
les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ;
la maison s’est écroulée,
et son écroulement a été complet. »
Lorsque Jésus eut terminé ce discours,
les foules restèrent frappées de son enseignement,
car il les enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme leurs scribes.
Sa réflexion
Jésus nous dit quelque chose de fort dans cet évangile, quelque chose qui peut vraiment nous bousculer si on l’écoute honnêtement. Il ne suffit pas de dire « Seigneur, Seigneur » pour entrer dans le Royaume. Ce n’est pas la parole qui compte, c’est l’acte. Et ça, dans notre monde d’aujourd’hui, ça résonne vraiment fort.
On vit dans une époque où tout le monde parle, tout le monde affiche. Sur les réseaux sociaux, on montre sa générosité, on poste ses convictions, on étale ses valeurs. Mais au fond, qu’est-ce qu’on fait vraiment ? Combien de fois on se retrouve à dire de belles choses et à agir à l’opposé ? On parle de justice et on ferme les yeux sur l’injustice qui se passe juste à côté de nous. On parle d’amour et on laisse tomber ceux qui en ont besoin.
Jésus n’est pas en train de condamner les gens qui font des erreurs. Il pointe quelque chose de plus profond : l’hypocrisie tranquille, celle qui se cache derrière les mots, derrière les apparences religieuses, derrière les bonnes performances spirituelles. Et ça, c’est dangereux, parce que ça donne bonne conscience sans vraiment transformer la vie.
Et puis il y a cette image magnifique de la maison sur le roc. Construire sur le roc, c’est mettre en pratique la Parole. Pas juste l’entendre, pas juste la liker, pas juste en parler. La vivre. Quand les tempêtes arrivent — et elles arrivent toujours, la maladie, le deuil, l’échec, la trahison — c’est là qu’on voit sur quoi on a bâti sa vie.
Alors aujourd’hui, la question que Jésus nous pose, elle est simple et brutale : ma vie, elle repose sur quoi vraiment ? Sur les apparences ou sur quelque chose de solide, de vrai, de vécu au quotidien ? C’est inconfortable comme question, mais c’est exactement celle dont on a besoin.

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