L’Evangile
« Vous donc, priez ainsi » (Mt 6, 7-15)

Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin,
avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »
Sa réflexion
Aujourd’hui, on court tout le temps, on parle beaucoup, on s’éparpille, et parfois même dans la prière on fait pareil. Pourtant, dans l’Évangile de Matthieu, Jésus nous rappelle quelque chose de très simple : Dieu n’a pas besoin de grands discours pour nous comprendre, parce qu’il connaît déjà nos besoins. Ce qui compte, ce n’est pas d’accumuler des mots, mais de prier avec un cœur vrai. Dans la vie actuelle, ça me parle énormément, parce qu’on est souvent poussés à faire du bruit pour exister, à se justifier, à convaincre, à montrer qu’on mérite d’être écoutés. Jésus, lui, nous remet dans la confiance. Il nous apprend à dire “Notre Père”, donc à nous tourner vers Dieu comme vers quelqu’un de proche, de patient, de fidèle[2]. C’est un rappel fort pour nos vies souvent stressées, où l’on veut tout contrôler. Prier devient alors un moment pour respirer, pour déposer ce qui pèse, pour accepter qu’on ne porte pas tout seul notre vie. Et il y a aussi cette parole sur le pardon, qui vient toucher quelque chose de très concret. Aujourd’hui, les relations se blessent vite, les mots circulent vite, les tensions restent longtemps. Jésus nous dit que prier vraiment, c’est aussi apprendre à pardonner, à ne pas garder la rancune comme une maison intérieure. La prière n’est donc pas une fuite du réel, mais une manière de le regarder autrement, avec plus de paix, plus de lucidité, plus de fraternité. Elle nous recentre, elle nous ouvre, elle nous rend plus humains. Et au fond, elle nous apprend qu’on n’a pas besoin d’en faire trop pour être aimés. Il suffit de revenir à l’essentiel : faire confiance, demander le nécessaire, et laisser Dieu travailler notre cœur.

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