Aujourd’hui, on craint parfois que Dieu soit trop loin ou trop abstrait, que la foi soit une belle histoire qu’on raconte mais qui ne rejoint pas notre réalité. Et puis, il y a ce texte qui parle d’un Dieu qui se donne comme nourriture. Pas une idée vague, pas un concept philosophique: une nourriture concrète, accessible, qui se prend et se digère, qui nourrit non seulement le corps mais aussi le cœur et l’esprit. Dans nos métiers qui exigent performance et efficacité, dans nos foyers où les disputes et les inquiétudes prennent la place du calme, ici, Dieu se propose comme pain nécessaire. Ce n’est pas une nourriture qui anesthésie et qui masque les douleurs; c’est une présence qui soutient, qui donne le goût de continuer, même quand tout paraît difficile. Vieillir peut faire douter; la maladie peut ralentir; les échecs répétés peuvent écorner la confiance. Or, si Dieu se donne chaque jour comme nourriture, cela veut dire qu’on peut recevoir une force qui n’est pas juste le produit de nos efforts, mais une énergie qui vient d’un don gratuit. Cette nourriture ne nous rend pas parfaits du jour au lendemain, mais elle nous invite à une vie où l’on devient plus humble, plus attentif, plus solidaire. Le quotidien, avec ses tâches répétitives, ses trajets, ses micro-victoires et ses petites catastrophes, peut alors devenir lieu où Dieu se révèle comme compagnon: dans le sourire donné à l’employé fatigué, dans la patience avec les enfants, dans la ténacité du travailleur qui persévère malgré la fatigue. Alors, se nourrir de Dieu, ce n’est pas fuir la réalité: c’est y trouver une lumière, une autorité douce qui nous rappelle pourquoi nous faisons ce que nous faisons, pour qui nous vivons et comment nous voulons aimer. Si demain je me sens vide, je me souviens que le vrai pain est toujours disponible: une parole, un geste, une présence qui dit sans mots: tu comptes, tu es aimé, et ta vie peut encore porter du sens.

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