
Dans notre vie, on cherche souvent à comprendre ce qui relie vraiment Dieu et nous autres. Le plus grand commandement, selon l’évangile, dit en substance: aime Dieu de tout ce que tu es et aime ton prochain comme toi-même. On pourrait dire que c’est comme si Dieu et l’Homme se tenaient par les épaules et se regardaient, prêt à s’écouter. Ce lien, on le vit quand on arrête de se prendre au sérieux seulement pour soi, quand on accepte d’être vulnérable, quand on accepte l’inconnu chez l’autre, quand on comprend que l’amour ne se mesure pas à des preuves mais à des gestes. Aimer Dieu, ce n’est pas dompter l’invisible; c’est reconnaître que ce qui nous fait hommes est aussi ce qui nous rapproche du divin: l’attention, le souci, la patience, le pardon. Aimer le prochain, c’est sortir de soi sans s’éteindre soi-même, c’est devenir capable d’être présent là où est l’autre, même quand c’est dérangeant. Le grand commandement devient alors une pratique quotidienne: un regard qui accueille, un service discret, une parole qui réconforte, une main tendue dans l’épreuve. Cette relation n’est pas un contrat; c’est une danse où Dieu et l’homme apprennent à se nourrir mutuellement: Dieu appelle, l’homme répond, et l’amour qui en résulte transforme le monde peu à peu. Si on s’y met tous, nos vies ne seront pas parfaites mais elles auront du sens, et ce sens part des plus petites choses qui disent: tu n’es pas seul, je suis là, et ensemble nous avançons.

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