L’Evangile

« Votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 20-23a)

Alléluia. Alléluia.
Le Christ devait souffrir
et ressusciter d’entre les morts
pour entrer dans la gloire.
Alléluia. (cf. Lc 24, 46.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous allez pleurer et vous lamenter,
tandis que le monde se réjouira ;
vous serez dans la peine,
mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine
parce que son heure est arrivée.
Mais, quand l’enfant est né,
elle ne se souvient plus de sa souffrance,
tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine,
mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ;
et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Sa réflexion

Quand Jésus parle de la peine qui se transforme en joie, il ne promet pas d’ignorer nos larmes, mais d’ouvrir une porte autrement : une joie qui naît au milieu de nos fragilités. Dans notre quotidien, on est souvent pris par le bruit des urgences, les notifications qui s’allument sans cesse, les responsabilités qui s’entassent. Et puis on se dit que tout va mal, ou que tout repose sur nos propres épaules. Mais Jésus rappelle que la détresse peut devenir source de lien nouveau : quand on crie, on reçoit, et ce qu’on reçoit ne vient pas d’un effort individuel mais d’un don qui traverse les peines. C’est comme si nos larmes avaient une bouteille à l’intérieur où se mêlent doute et espérance, et que tout à coup, une voix disait : « votre douleur porte un nom nouveau, elle me prépare à la joie ». Cette joie n’est pas une légèreté naïve, elle est endurance, patience, confiance qui se tresse malgré les difficultés. Dans le monde d’aujourd’hui, entre le stress du travail, les difficultés familiales ou personnelles, et les incertitudes collectives, ce passage invite à garder une porte entrouverte vers l’autre, à ne pas tout garder en soi. Car la joie grandit quand on peut partager, quand on peut accepter l’aide, quand on peut dire « nous » plutôt que « moi seul ». Jésus promet que la joie venue de l’autre côté de la douleur ne s’éteint pas quand les difficultés reviennent, mais se renouvelle comme une respiration: on apprend à respirer autrement, avec une confiance qui dépasse les chiffres et les plans. Alors, même dans nos jours ordinaires, la joie peut fleurir là où l’on se croit sans issue, parce qu’elle vient d’un lien qui ne dépend pas seulement de nos efforts, mais de la confiance que quelqu’un a vu notre peine et a choisi de la transformer en lumière.

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