L’Evangile

« Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous » (Jn 16, 5-11)

Alléluia. Alléluia.
Je vous enverrai l’Esprit de vérité, dit le Seigneur ;
il vous conduira dans la vérité tout entière.
Alléluia. (cf. Jn 16, 7.13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé,
et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”
Mais, parce que je vous dis cela,
la tristesse remplit votre cœur.
Pourtant, je vous dis la vérité :
il vaut mieux pour vous que je m’en aille,
car, si je ne m’en vais pas,
le Défenseur ne viendra pas à vous ;
mais si je pars, je vous l’enverrai.
Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde
en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché,
puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice,
puisque je m’en vais auprès du Père,
et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement,
puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »

Sa réflexion

Aujourd’hui, on est pris dans le tourbillon des infos qui passent vite et des obligations qui s’accumulent, et pourtant ce passage de l’évangile me parle comme un repère simple et humain. Jésus dit qu’il va partir et que, sans lui, les disciples se sentent perdus, mais qu’un autre appartient à la même famille va venir, l’Esprit de vérité. Ce n’est pas une promesse abstraite: c’est une promesse d’accompagnement dans nos déceptions, dans nos doutes, quand on ne voit plus clair au milieu des choix qui pèsent sur nos épaules. Dans la vie d’aujourd’hui, où tout se mesure en efficacité et en performance, l’idée que l’Esprit Consoleur nous invite à respirer autrement peut sembler naïve, et pourtant elle résonne. Sans cet Esprit, on risquerait d’être prisonnier de nos jugements rapides, de nos certitudes qui excluent, de notre besoin d’avoir raison. Avec lui, il y a une invitation à ouvrir les regards: reconnaître que ce qui nous manque parfois, ce n’est pas seulement une solution pragmatique, mais une orientation, une capacité à écouter l’autre sans vouloir tout maîtriser. Jésus parle de convaincues, de culpabilité et de jugement comme effets de l’absence de lui, et c’est peut-être une clé pour notre vie actuelle: nos repliements, nos réflexes de défense, nos crispations face à l’inconnu prennent racine dans une perception incomplète. L’Esprit vient donc non pas pour nous changer en robots dociles, mais pour réveiller en nous cette curiosité qui cherche le sens, l’espace pour dire oui et non selon ce qui nourrit la vie, pas la peur. En fin de compte, être accompagné, c’est accepter d’être surpris par la miséricorde et par la manière dont l’amour peut se manifester, même dans les gestes banals du quotidien.

Laisser un commentaire