L’Homélie du 4ème dimanche de Pâques A. (26/04/26)

Frères et soaurs,

Nous avons besoin de s’arrêter un instant sur ce que les apôtres nous disent aujourd’hui: ce jour-là, après que Pierre a pris la parole, il leur démontre que Jésus est vraiment le Seigneur et le Messie, et il conclut en les appelant à se convertir, à se faire baptiser au nom de Jésus-Christ pour que leurs péchés soient pardonnés, et qu’ils reçoivent le don du Saint-Esprit. Ce texte raconte une élection d’un peuple qui se fait jour après jour, dans une vie qui a trouvé un sens plus grand que ses propres peurs et ses propres calculs. Il ne s’agit pas d’un seul feu d’artifice, mais d’un mouvement: vous avez reçu le pardon pour vos fautes, vous avez reçu l’Esprit, et ce don vous appelle à vivre autrement, à sortir de vous-mêmes, à témoigner.

Aujourd’hui, dans nos vies saturées de bruits et de sollicitations, ce message a la force d’un tournant possible. Beaucoup d’entre nous savent ce que c’est que de porter des fardeaux invisibles: inquiétés par le travail qui n’en finit pas, angoissés par les incertitudes économiques, épuisés par les sollicitations des réseaux, ou encore blessés par des ruptures qui restent là, comme des murs invisibles dans nos conversations. On se demande parfois si ce que l’on fait a encore du sens, si notre vie peut se relier à quelque chose qui dépasse le quotidien.

Pierre parle d’un appel simple et radical: convertissez-vous, croyez à laBonne Nouvelle, et laissez-vous baptiser, pour recevoir le don de l’Esprit. Cela ne veut pas dire fuir le réel; au contraire, cela veut dire que le réel peut devenir précieux, que chaque geste peut prendre une signification nouvelle. Le pardon ne gomme pas seulement des fautes: il libère. La grâce n’est pas une étoile qui tombe du ciel pour briller sur quelques élus; elle est comme une source qui jaillit: elle vous touche là où vous êtes, et elle vous met en route pour un “ensemble”. L’Esprit n’est pas une étincelle privée: il génère une communauté vivante, comme celle décrite dans le texte, où chacun est appelé à témoigner.

Alors, comment vivre cela aujourd’hui ? Peut-être en commençant par de petites conversions possibles: arrêter de juger trop vite; écouter davantage; prendre le temps d’oser la douceur et la vérité dans nos échanges; accueillir ceux qui nous dérangent; reconnaître que chaque jour peut être une occasion de recommencer. Et puis, dans les gestes quotidiens — un mot d’encouragement, une aide silencieuse, une parole de réconciliation — permettre au pardon et à l’Esprit de circuler dans nos vies comme une vie nouvelle qui s’écrit pas à pas.

Que l’Esprit nous donne le courage d’être attentifs, témoins crédibles et fidèles, afin que notre vie, comme celle des premiers disciples, devienne une demeure où Dieu habite et où chacun peut trouver une route vers le bonheur, un renouveau véritable.

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