Soyons honnêtes une bonne fois pour toutes. On a tendance à pointer Thomas du doigt, à sourire un peu en l’entendant dire : « Moi, tant que je n’aurai pas mis le doigt dans ses plaies, je ne croirai pas. » On se dit intérieurement : « Moi j’aurais cru, moi j’aurais fait confiance. » Vraiment ? On en est si sûrs que ça ?

La réflexion chrétienne du jour.
Parce que Thomas, il ne fait pas autre chose que ce qu’on fait tous les jours. Il doute. Il demande des preuves. Il veut être certain avant de s’engager. Et dans notre monde actuel, c’est même devenu une vertu. On appelle ça l’esprit critique. On valorise celui qui ne croit pas sur parole, qui vérifie ses sources, qui remet en question. Thomas aurait eu des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux.
Mais le problème, c’est que cette attitude-là, on la transpose aussi dans notre relation avec Dieu. On lui dit sans vraiment le formuler : « Montre-moi que tu existes, prouve-moi que tu m’aimes, donne-moi un signe concret, et après on verra. » On attend que la vie soit parfaite pour faire confiance. On attend que la douleur disparaisse pour prier. On attend que nos questions trouvent une réponse avant de croire.
Et pendant ce temps-là, on reste enfermés, exactement comme les disciples ce soir de Pâques. Enfermés dans nos certitudes, dans nos blessures, dans nos peurs de se tromper, de paraître naïfs, d’être déçus encore une fois.
Pourtant Jésus ne passe pas son chemin devant Thomas. Il s’arrête. Il lui offre exactement ce dont il a besoin. Pas un sermon, pas une leçon de théologie. Sa présence. Ses plaies ouvertes. Une invitation à toucher la réalité de l’amour.
Alors oui, nous sommes tous Thomas. Et c’est peut-être là la meilleure nouvelle : Jésus le sait, et il vient quand même.

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