Ma réflexion du jour.

Ce qui change tout, ce n’est pas une théorie ni une explication magistrale, c’est l’écoute. Pas une écoute en sourdine, ni une écoute qui juge ou qui corrige, mais une écoute qui répond avec une présence vraie, qui te fait sentir que tu n’es pas absent même quand tu te sens brisé, que ta voix compte même si elle tremble. Être appelé par son nom, c’est comme si quelqu’un déployait devant toi le petit chemin caché qui mène jusqu’à ta propre figure dans le miroir. On peut passer des heures à chercher une signification universelle, à accumuler des données et des slogans, et puis, un jour, quelqu’un te regarde et te dit: “Je te vois.” Et soudain, le poids du silence se déplace. On n’est plus un empêchement, on est quelqu’un qui peut revenir, être entendu, être ramené à la vie même lorsque le chagrin ou la fatigue te tiennent serré par les épaules. Cette écoute n’est pas une technique, c’est une posture: se mettre à l’écoute sans chercher à sauver tout le monde ni à résoudre tout problème tout de suite, mais à reconnaître la fragilité comme une réalité partagée. Quand on se sent vu dans sa fragilité, on peut s’autoriser à reprendre souffle, à se rappeler qu’on ne porte pas tout seul le fardeau, et que, même à travers les tremblements, il existe une porte qui mène vers le vivant. Alors peut-être que le plus grand acte, ce n’est pas de trouver l’explication qui rend tout clair, mais d’oser rester présent à l’autre et à soi-même, jour après jour, sans prétendre tout comprendre, juste assez pour ne pas s’effondrer.

Laisser un commentaire