L’Evangile

« “J’ai vu le Seigneur !”, et elle raconta ce qu’il lui avait dit » (Jn 20, 11-18)

Alléluia. Alléluia.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
Alléluia. (Ps 117, 24)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Marie Madeleine se tenait près du tombeau,
au-dehors, tout en pleurs.
Et en pleurant,
elle se pencha vers le tombeau.
Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc,
assis l’un à la tête et l’autre aux pieds,
à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
Ils lui demandent :
« Femme, pourquoi pleures-tu ? »
Elle leur répond :
« On a enlevé mon Seigneur,
et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Ayant dit cela, elle se retourna ;
elle aperçoit Jésus qui se tenait là,
mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit :
« Femme, pourquoi pleures-tu ?
Qui cherches-tu ? »
Le prenant pour le jardinier, elle lui répond :
« Si c’est toi qui l’as emporté,
dis-moi où tu l’as déposé,
et moi, j’irai le prendre. »
Jésus lui dit alors :
« Marie ! »
S’étant retournée, elle lui dit en hébreu :
« Rabbouni ! »,
c’est-à-dire : Maître.
Jésus reprend :
« Ne me retiens pas,
car je ne suis pas encore monté vers le Père.
Va trouver mes frères pour leur dire
que je monte vers mon Père et votre Père,
vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples :
« J’ai vu le Seigneur ! »,
et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Sa réflexion

Je me retrouve souvent à errer comme Marie-Madeleine devant ce tombeau vide: on cherche des preuves, on voudrait que tout soit clair et rassurant tout de suite, mais la vie fait parfois la surprise de la perte et du silence. Marie pleure, elle tourne autour du tombeau et ne comprend pas tout de suite ce que signifie ce vide: pas de corps, mais quelque chose d’étrange, comme une promesse qui se cache derrière le deuil. Et puis elle croit voir deux anges qui lui demandent pourquoi elle pleure, comme si on venait de lui rappeler qu’il y a une question plus grande que la perte: la vie qui déborde. Puis elle se retourne et croit voir le jardinier; elle l’interroge presque comme si elle cherchait des mots pour clarifier ce qui s’est passé. Mais ce qu’elle ne s’attend pas à entendre, c’est une voix qui la nomme: « Marie ». Le nom qui résonne comme un souffle: je t’ai reconnue, je te connais dans ta douleur, et pourtant je t’appelle à la vie. Dans notre quotidien, nos vies sont parfois aussi pleines de questions sans réponse, de rendez-vous manqués, de messages qui ne passent pas: on cherche du sens dans le dérèglement, on cherche à comprendre pourquoi certaines pages de notre histoire ne se lisent pas comme on aimerait. Et puis, comme Marie, on se rend compte que ce qui change tout, ce n’est pas une théorie ou une explication magistrale, mais l’écoute: être appelé par son nom, être vu dans sa fragilité, être invité à revenir à la vie même quand on est pris par le chagrin ou par la fatigue. Jésus ne se contente pas de dire « ne crains pas » ou « va dire à mes frères ». Il donne une mission: annoncer, proclamer, partager cette vie qui ne peut se clore dans la mort. Ça parle de nous aussi: dans nos vies actives, de nos journées rythmées par les contraintes, par les écrans ou par le bruit, on peut parfois passer à côté de ce qui donne vraiment de l’élan, de ce qui donne la capacité d’aimer même quand c’est difficile. Cette rencontre de Marie avec Jésus dans le jardin, ce « Marie » prononcé avec tendresse, nous dit qu’il y a une proximité possible, une relation intime même dans les moments où l’on croit être seul avec son chagrin. Et si nous prenions un peu plus de temps pour écouter le Nom qui nous appelle, pour reconnaître que la vie ne se résume pas à ce que nous voyons ou mesurons, mais à une présence qui traverse les murs et les tombeaux de nos habitudes? La Résurrection, ce n’est pas seulement un fait passé, c’est une invitation à laisser cette voix résonner dans nos jours: se lever, sortir de nos propres tombeaux, prendre le chemin que Jésus ouvre, même sans comprendre tout de suite ce qui va se passer, parce que ce chemin est vie.

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