L’Evangile

« Afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 45-57)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

Rejetez tous les crimes que vous avez commis,              
faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
(Ez 18, 31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
quand Lazare fut sorti du tombeau,
          beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
crurent en lui.
          Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens
pour leur raconter ce qu’il avait fait.
          Les grands prêtres et les pharisiens
réunirent donc le Conseil suprême ;
ils disaient :
« Qu’allons-nous faire ?
Cet homme accomplit un grand nombre de signes.
                   Si nous le laissons faire,
tout le monde va croire en lui,
et les Romains viendront détruire notre Lieu saint
et notre nation. »
          Alors, l’un d’entre eux, Caïphe,
qui était grand prêtre cette année-là,
leur dit :
« Vous n’y comprenez rien 
          vous ne voyez pas quel est votre intérêt :
il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple,
et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »
          Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ;
mais, étant grand prêtre cette année-là,
il prophétisa
que Jésus allait mourir pour la nation ;
          et ce n’était pas seulement pour la nation,
c’était afin de rassembler dans l’unité
les enfants de Dieu dispersés.

          À partir de ce jour-là,
ils décidèrent de le tuer.
          C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement
parmi les Juifs ;
il partit pour la région proche du désert,
dans la ville d’Éphraïm
où il séjourna avec ses disciples.
          Or, la Pâque juive était proche,
et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem
pour se purifier avant la Pâque.
          Ils cherchaient Jésus
et, dans le Temple, ils se disaient entre eux :
« Qu’en pensez-vous ?
Il ne viendra sûrement pas à la fête ! »
          Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres :
quiconque saurait où il était devait le dénoncer,
pour qu’on puisse l’arrêter.

Sa réflexion

Tu sais, la vie, c’est souvent ce fil fragile qu’on tire entre nos petites peurs et nos espoirs les plus simples. Dans cet Évangile, on voit un peuple qui hésite, qui parle trop vite, qui regarde les signes sans en saisir le sens profond. Certains croient, d’autres veulent surtout rester tranquilles, éviter les remous. Et puis Jésus, lui, il ne parle pas seulement de miracles: il parle de lumière et de vie, de ce qui donne sens même quand tout semble compliqué. On peut se reconnaître dans ce mélange: on cherche des preuves, on aimerait des garanties, et en même temps, on sent au fond de nous un appel à ne pas se résigner à la logique des peurs. Pris dans nos vies quotidiennes, c’est facile d’être sclérothé — se dire que telle difficulté est la seule réalité. Mais l’Évangile nous rappelle que la vie est plus grande que nos soucis: elle est une promesse qui traverse les cases et les minutes, qui éclaire même les ombres. En ce temps de Carême, ça peut devenir une invitation à regarder ces zones d’ombre et à dire: “J’ai besoin d’une lumière qui me touche jusqu’au bout, qui me relève quand je tombe, qui m’apprenne à aimer même quand c’est difficile.” Peut-être que la vraie transformation commence là: accepter d’être touché, accepté, et invité à devenir, à ma façon, une source de vie pour les autres.

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