L’Evangile
« Ils cherchaient à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains » (Jn 10, 31-42)

Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant !
Tes paroles, Seigneur,
sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant ! (cf. Jn 6, 63c.68c)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
de nouveau, des Juifs prirent des pierres
pour lapider Jésus.
Celui-ci reprit la parole :
« J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes
qui viennent du Père.
Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
Ils lui répondirent :
« Ce n’est pas pour une œuvre bonne
que nous voulons te lapider,
mais c’est pour un blasphème :
tu n’es qu’un homme,
et tu te fais Dieu. »
Jésus leur répliqua :
« N’est-il pas écrit dans votre Loi :
J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
Elle les appelle donc des dieux,
ceux à qui la parole de Dieu s’adressait,
et l’Écriture ne peut pas être abolie.
Or, celui que le Père a consacré
et envoyé dans le monde,
vous lui dites : “Tu blasphèmes”,
parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
Si je ne fais pas les œuvres de mon Père,
continuez à ne pas me croire.
Mais si je les fais,
même si vous ne me croyez pas,
croyez les œuvres.
Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus,
que le Père est en moi,
et moi dans le Père. »
Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter,
mais il échappa à leurs mains.
Il repartit de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où, au début, Jean baptisait ;
et il y demeura.
Beaucoup vinrent à lui en déclarant :
« Jean n’a pas accompli de signe ;
mais tout ce que Jean a dit de celui-ci
était vrai. »
Et là, beaucoup crurent en lui.
Sa réflexion
On entend dans cet extrait Jésus qui dit: « Moi et le Père nous sommes un » et qui, ailleurs, se présente comme le bon pasteur qui connaît ses brebis et donne sa vie pour elles. Dans ce texte, les oreilles se posent sur une tension qui nous parle aussi au quotidien: qui est vraiment mon guide? vers qui me tourne-je quand j’ai peur, quand je doute, quand le bruit du monde me pousse à tout remettre en question?
Les Juifs de l’époque, eux, veulent le lapider parce qu’ils entendent en Jésus une parole qui touche leur identité, qui remet en cause leur sécurité. Pour nous, ce n’est pas forcément une lapidation extérieure, mais il peut y avoir ce même mouvement intérieur: « si Dieu est tout-puissant, pourquoi ce coup dur dans ma vie? pourquoi la maladie, le chômage, la solitude qui revient sans cesse? ». Jésus répond autrement: il parle de voix qui se reconnaissent, de mains qui guident, de coeur qui sait différencier la voix du Pasteur de toutes les autres voix qui veulent nous attirer loin de la vie.
Dans nos vies, ce texte nous invite à faire l’expérience de la proximité de Dieu, non pas comme une théorie, mais comme une relation rassurante et exigeante. Le cœur du message, c’est que Dieu ne nous laisse pas seuls dans nos labyrinthes. Jésus n’est pas un personnage lointain qui passe; il est celui qui marche avec nous, qui sait nos noms, qui connaît nos peurs et nos rêves. Et il nous donne aussi une mission: écouter, suivre, rendre témoignage. Suivre Jésus, ce n’est pas un chemin sans embûches, c’est un chemin où l’on peut se sentir perdu et pourtant sentir une vraie présence qui dit: « je suis là ». Cette présence peut changer nos priorités: peut-être moins l’éclat temporaire, plus l’attention aux plus fragiles, moins le bruit, plus l’écoute des besoins simples de ceux qui nous entourent.
Et si l’essentiel de la foi, ce n’était pas d’être parfait, mais d’être avec Celui qui nous aime jusqu’au bout, qui connaît nos limites et qui se donne sans réserve? L’évangile nous invite à reposer notre cœur sur cette assurance: dans le tumulte, dans les questions sans réponse, dans les moments ordinaires de fatigue, nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes. Jésus offre une relation qui donne du sens et une responsabilité: « mes brebis écoutent ma voix ». Écouter demande du calme, de la patience et une volonté de reconnaître ce qui guérit et ce qui divise.
Ainsi, ce vendredi, prenons un temps simple: arrêter le bruit (mains libres, téléphone mis de côté, quelques minutes de silence) et laisser revenir une scène ou une personne qui nous a particulièrement aidés ou qui a besoin de nous. Demandons à Dieu de nous rappeler que nous sommes connus et aimés, et que nous sommes appelés à témoigner de cette bonne nouvelle dans nos détails quotidiens: un geste de tendresse, une parole qui rassure, une aide discrète.

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