
Aujourd’hui, on lit dans l’évangile selon Jean: Jésus dit, en gros, que s’ils restent attachés à leurs propres idées, à leurs propres peurs et à leurs propres convictions sans rien remettre en question, ils risquent de se perdre eux-mêmes. Jésus parle de la lumière de Dieu qui vient dans le monde, et il les avertit: si vous ne me « suivez pas » pas vraiment, si vous ne accueillez pas la vérité qui vient d’en haut, vous allez continuer à vous observer vous-mêmes à travers vos propres lunettes et vous ne verrez pas ce qui vraiment compte.
C’est un peu l’histoire de nos vies quotidiennes, non ? On pense parfois qu’on sait tout sur nous-mêmes: “je suis comme ça, c’est ma nature, c’est ma façon de voir les choses.” Et puis, au détour d’un mot, d’un geste, d’un silence, quelqu’un ou quelque chose vient bousculer cette image que l’on s’est faite. Jésus nous invite à ne pas rester dans nos certitudes rassurantes mais à sortir de nos repères pour laisser la vérité de Dieu nous saisir, nous transformer. Il dit aussi que « celui qui m’a envoyé est fidèle », que même si c’est inconfortable, même si ça ôte nos petites sécurités, c’est pour nous libérer, pour nous faire entrer dans une vie plus grande.
Dans nos vies, ce peut être des moments de désaccord, des choix qui touchent notre dignité ou celle des autres, des habitudes qui nous coupent de l’autre. Le Carême nous rappelle que Dieu n’est pas là pour nous punir, mais pour nous donner la vie dans sa plénitude. Cette semaine, peut-être que l’enjeu est simple, mais pas facile: accepter d’être désappris de nos petites convictions qui nous enferment et accepter de laisser Dieu nous révéler qui nous sommes vraiment, au-delà de nos étiquettes: “je suis timide, je suis fort, je suis capable, je ne suis pas capable.” Dieu voit au-delà. Il nous appelle à une vérité qui fait du bien à notre cœur et qui peut aussi faire du bien autour de nous.
La parole de Jésus dans ce passage nous dit aussi: “Si vous connaissez Dieu, vous me connaîtrez aussi; et si vous me connaissez, vous connaissez celui qui m’a envoyé.” C’est comme une invitation à nouer une relation plus intime avec Dieu, pas juste à le connaître comme un concept, mais à l’écouter dans le quotidien: dans le bruit du métro, dans la douceur d’un ami qui écoute, dans la difficulté de pardonner, dans la joie d’un petit pas de bonté envers quelqu’un qui nous dérange. Cela peut ressembler à une petite lanterne qui s’allume dans l’obscurité: elle ne rééclaire pas tout d’un coup, mais elle nous guide un peu plus loin sur le chemin.
Alors, peut-être que ce mardi nous sommes appelés à une posture simple mais audacieuse: oser regarder ce que nous évitons de regarder en nous-mêmes, demander pardon là où cela est nécessaire, et accueillir la lumière de Dieu qui libère. Pas à pas. Pas pour nous faire bien voir, mais pour devenir des témoins plus vrais de l’amour qui nous veut libres.

Laisser un commentaire