L’Evangile
« Je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12-20)

Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, dit le Seigneur. Qu’il se détourne de sa conduite, et qu’il vive ! Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. (cf. Ez 33, 11)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Pour l’année C (2028), si l’évangile ci-dessous a été lu la veille
En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Moi, je suis la lumière du monde.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
il aura la lumière de la vie. »
Les pharisiens lui dirent alors :
« Tu te rends témoignage à toi-même,
ce n’est donc pas un vrai témoignage. »
Jésus leur répondit :
« Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même,
et pourtant mon témoignage est vrai,
car je sais d’où je suis venu,
et où je vais ;
mais vous, vous ne savez ni d’où je viens,
ni où je vais.
Vous, vous jugez de façon purement humaine.
Moi, je ne juge personne.
Et, s’il m’arrive de juger,
mon jugement est vrai
parce que je ne suis pas seul :
j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé.
Or, il est écrit dans votre Loi
que, s’il y a deux témoins,
c’est un vrai témoignage.
Moi, je suis à moi-même mon propre témoin,
et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. »
Les pharisiens lui disaient :
« Où est-il, ton père ? »
Jésus répondit :
« Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ;
si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. »
Il prononça ces paroles
alors qu’il enseignait dans le Temple,
à la salle du Trésor.
Et personne ne l’arrêta,
parce que son heure n’était pas encore venue.
Sa réflexion
Aujourd’hui, on entend Jésus se proclamer lumière du monde. Il dit: « Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie ». C’est une phrase qui parle à notre vie de tous les jours, pas seulement à l’époque où Jésus a marché sur la Terre. On peut se demander: qu’est-ce que signifie vraiment suivre Jésus et marcher dans sa lumière lorsque, parfois, nos pas trébuchent, quand les choix qu’on fait semblent nous égarer ou quand on se retrouve emprisonnés par nos peurs, nos habitudes ou nos blessures?
Dans ce passage, les pharisiens veulent piéger Jésus par des questions et des jugements, et Jésus répond avec une douceur qui met en lumière une tension très humaine: la tentation de s’éclairer par ses propres lumières, par la loi, par le regard des autres, alors que Jésus invite à une lumière qui vient d’en haut. Suivre Jésus, ce n’est pas seulement adhérer à une doctrine ou à une règle; c’est accueillir une relation vivante, une lumière qui éclaire le cœur et révèle ce qui est vraiment important. Parfois, cette lumière blesse ce que nous préférerions ne pas voir: nos exclusions, nos jugements rapides, nos propres « ténèbres » intérieures. Mais c’est précisément dans cette reconnaissance que la lumière peut faire son œuvre: elle nous libère non pas pour nous éloigner des autres, mais pour les aimer davantage, avec honnêteté et courage.
Ce texte nous parle aussi de la mesure de justice avec laquelle nous regardons les autres. Quand Jésus parle de suivre la lumière et de ne pas marcher dans les ténèbres, il nous pousse à nous attarder sur notre capacité à pardonner, à accueillir, à être honnêtes avec nous-mêmes et avec Dieu. Nous sommes tous appelés à être des personnes qui ne cachent plus nos fragilités derrière des masques, mais qui les portent à la lumière, afin que la grâce de Dieu puisse les guérir. Dans nos vies, cela peut ressembler à des petites luttes du quotidien: un mot blessant que l’on dit sans réfléchir, une jalousie qui renaît, une peur qui bloque un projet, une fatigue spirituelle qui nous fait douter de l’importance de notre foi. Jésus nous assure que la lumière existe déjà, et qu’elle peut éclater même dans nos coins les plus sombres. Il ne nous demande pas d’être parfaits, mais d’être fidèles à sa présence, jour après jour, et de laisser sa lumière éclairer nos choix, nos relations, nos gestes simples.
Alors, comment vivre cela concrètement? En se laissant attraper par la parole qui nous parle, en ouvrant les mains et le cœur à ceux qui nous entourent, en nous repentant humblement lorsque nous réalisons que nous avons manqué d’amour ou de miséricorde. Demain, ou aujourd’hui même, nous pouvons essayer de faire un pas de lumière: prendre le temps d’écouter quelqu’un sans l’interrompre, pardonner une petite offense, ou aider quelqu’un à qui l’on pense peu souvent. La lumière que Jésus nous offre n’est pas seulement pour nous; elle est destinée à illuminer nos relations, nos choix professionnels, notre manière de défendre les plus fragiles, nos gestes quotidiens qui construisent ou détruisent.

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