L’Evangile

« Comme le Père relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils fait vivre qui il veut » (Jn 5, 17-30)

Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté !

Moi, je suis la résurrection et la vie,
dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais.
Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté !
(cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat,
Jésus déclara aux Juifs :
« Mon Père est toujours à l’œuvre,
et moi aussi, je suis à l’œuvre. »
C’est pourquoi, de plus en plus,
les Juifs cherchaient à le tuer,
car non seulement il ne respectait pas le sabbat,
mais encore il disait que Dieu était son propre Père,
et il se faisait ainsi l’égal de Dieu.

Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait :
« Amen, amen, je vous le dis :
le Fils ne peut rien faire de lui-même,
il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ;
ce que fait celui-ci,
le Fils le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils
et lui montre tout ce qu’il fait.
Il lui montrera des œuvres plus grandes encore,
si bien que vous serez dans l’étonnement.
Comme le Père, en effet, relève les morts
et les fait vivre,
ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut.
Car le Père ne juge personne :
il a donné au Fils tout pouvoir pour juger,
afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père.
Celui qui ne rend pas honneur au Fils
ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé.
Amen, amen, je vous le dis :
qui écoute ma parole
et croit en Celui qui m’a envoyé,
obtient la vie éternelle
et il échappe au jugement,
car déjà il passe de la mort à la vie.

Amen, amen, je vous le dis :
l’heure vient – et c’est maintenant –
où les morts entendront la voix du Fils de Dieu,
et ceux qui l’auront entendue vivront.
Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même,
ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ;
et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement,
parce qu’il est le Fils de l’homme.
Ne soyez pas étonnés ;
l’heure vient
où tous ceux qui sont dans les tombeaux
entendront sa voix ;
alors, ceux qui ont fait le bien sortiront
pour ressusciter et vivre,
ceux qui ont fait le mal,
pour ressusciter et être jugés.

Moi, je ne peux rien faire de moi-même ;
je rends mon jugement d’après ce que j’entends,
et mon jugement est juste,
parce que je ne cherche pas à faire ma volonté,
mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. »

Sa réflexion

Aujourd’hui, on lit dans l’évangile que Jésus dit: “Mon Père agit toujours, et moi aussi j’agis.” Et ça résonne dans nos vies d’aujourd’hui: on cherche tous un sens, on se pose des questions sur le temps qu’on a, sur ce qu’on fait de nos journées, sur nos choix qui ne sont pas toujours faciles. Jésus nous rappelle que la vie n’est pas un long combat contre le temps, mais une collaboration avec ce qui anime le tout: l’action du Père, la vie qui circule en nous et autour de nous. Dans le monde où tout va vite, où les blessures et les injustices se mêlent aux bons progrès, on peut se sentir parfois dépassés ou impuissants. Et c’est là qu’on est invité à écouter: écouter la voix qui dit que Dieu n’est pas loin, qu’il travaille en silence dans les détails de nos vies – dans un rendez-vous manqué, dans une parole mal tournée, dans un petit geste de patience envers quelqu’un qui nous énerve. Jesus se présente comme celui qui donne la vie et qui appelle à la voir autrement: pas seulement comme une suite de règles, mais comme une relation vivante avec le Dieu qui aime jusqu’au bout. Le passage parle aussi de jugement et de résurrection: il y a cette promesse que la vie ne s’arrête pas à nos échecs ou à nos années, mais qu’elle s’ouvre à une lumière et à une reconnaissance qui dépassent notre entendement. En ce mercredi de Carême, on est invités à prendre conscience que notre quotidien peut devenir un lieu de rencontre: rencontrer Dieu dans les moments ordinaires, dans la patience qui attend, dans la réconciliation qui s’encourage, dans la vérité qui nous libère. On ne sait pas toujours où cela mène, mais on peut choisir d’avancer avec confiance: agir comme Jésus agit, en regardant autour de nous avec un regard qui cherche le bien, qui donne une chance à chacun, qui refuse le jugement facile et préfère la voie de la vie. Le Carême n’est pas une période à additionner des bonnes actions comme des calories à perdre; c’est une invitation à laisser diriger notre vie par l’amour qui donne la vie. Alors ce mercredi, je pense à toutes ces petites rencontres où on peut choisir d’être présent, d’écouter, d’encourager, et d’oser croire qu’un simple pas peut faire bouger quelque chose dans l’horizon. C’est dans ce choix quotidien que se joue peut-être une part du “déverrouillage” que Jésus évoque: notre propre résurrection intérieure, notre capacité à voir le monde avec une lumière plus grande et à se mettre au service de la vie qui ne s’éteint jamais.

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