L’Evangile

« Va, ton fils est vivant » (Jn 4, 43-54)

 Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

Cherchez le bien, non le mal, afin de vivre.
Ainsi le Seigneur sera avec vous.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
(cf. Am 5, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
après avoir passé deux jours chez les Samaritains,
Jésus partit de là pour la Galilée.
– Lui-même avait témoigné
qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays.
Il arriva donc en Galilée ;
les Galiléens lui firent bon accueil,
car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait
à Jérusalem pendant la fête de la Pâque,
puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête.
Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée,
où il avait changé l’eau en vin.
Or, il y avait un fonctionnaire royal,
dont le fils était malade à Capharnaüm.
Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée,
il alla le trouver ;
il lui demandait de descendre à Capharnaüm
pour guérir son fils qui était mourant.
Jésus lui dit :
« Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges,
vous ne croirez donc pas ! »
Le fonctionnaire royal lui dit :
« Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! »
Jésus lui répond :
« Va, ton fils est vivant. »
L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite
et il partit.
Pendant qu’il descendait,
ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre
et lui dirent que son enfant était vivant.
Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux.
Ils lui dirent :
« C’est hier, à la septième heure (au début de l’après- midi),
que la fièvre l’a quitté. »
Le père se rendit compte que c’était justement
l’heure où Jésus lui avait dit :
« Ton fils est vivant. »
Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.

Tel fut le second signe que Jésus accomplit
lorsqu’il revint de Judée en Galilée.

Sa réflexion

Ce lundi de Carême, on avance un peu dans notre semaine, et on entend Jésus dire qu’il faut croire non seulement parce qu’on voit les miracles, mais parce que la parole de Dieu touche notre cœur. Dans l’évangile de Jean 4, 43-54, on voit une population qui commence à partir de la demande de signe: “Quelle signe vas-tu nous donner pour que nous ayons confiance ?” Et puis, il se passe quelque chose de simple et puissant: Jésus agit là où on est, avec les gens qu’on croise au bord du chemin. Il ne va pas seulement faire des démonstrations, il parle à celui qui croit, et ce qui se passe dans le cœur, c’est une transformation plus intime qu’un écho spectaculaire.

    Aujourd’hui, on est peut-être fatigués par la routine, par les infos qui s’enchaînent, par les petits coups de stress du quotidien. On a aussi besoin de signes, oui, mais surtout d’un regard qui fasse basculer notre quotidien dans une confiance plus stable. Jésus ne promet pas une vie sans obstacles, il promet la présence de Dieu au milieu de nous, même dans les moments où tout paraît long et incertain. Et si on écoutait un peu ces paroles comme on écoute un ami qui nous appelle par notre prénom quand on est dans le brouhaha de la ville? Ce serait peut-être ça, la vraie bénédiction: sentir, dans le bruit, qu’on est connu, qu’on est attendu, et que l’énergie vocationnelle qui nous pousse à aimer et à servir n’est pas une force qui vient de nous, mais un don reçu.

    Dans notre vie actuelle, il y a des rêves qui restent sur le bord du chemin parce qu’on ne sait pas comment les atteindre. Le message de Jésus nous rappelle que la foi n’est pas une performance: c’est une relation. On n’est pas invités à produire assez de miracles, mais à rester ouverts à la parole qui vient consolider notre journée, à accueillir ce qui transforme notre regard sur les autres, à accepter le temps du vrai discernement, même si ça prend du temps. Comme ce noble officier de l’évangile: il croit d’abord à distance, puis Jésus agit dans l’instant du besoin. Peut-être que nos prières peuvent ressembler à des pas qui s’avancent, pas des murs qu’on érige pour se protéger, mais des ponts qu’on ose construire vers l’autre, vers ceux qui attendent une parole, un geste, une main tendue.

    En somme, ce lundi nous invite à prêter attention à ce qui se passe autour de nous, à ne pas négliger les petites manifestations de bonté, et à accueillir Dieu dans les détails: une rencontre imprévue, un sourire donné sans calcul, un acte de service qui sort de notre routine. Car c’est souvent là, dans ces instants minuscules, que la vie devient plus humaine et que la foi devient concrète.

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