L’Evangile

« Le publicain était devenu un homme juste, plutôt que l’autre » (Lc 18, 9-14)

Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.

Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.
(cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes
et qui méprisaient les autres,
Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
L’un était pharisien,
et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même :
“Mon Dieu, je te rends grâce
parce que je ne suis pas comme les autres hommes
– ils sont voleurs, injustes, adultères –,
ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”
Le publicain, lui, se tenait à distance
et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ;
mais il se frappait la poitrine, en disant :
“Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
Je vous le déclare :
quand ce dernier redescendit dans sa maison,
c’est lui qui était devenu un homme juste,
plutôt que l’autre.
Qui s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

Sa réflexion

On parle souvent de nos petites et grandes fiertés, non ? On se croit parfois « assez bons » ou « pas si mal que ça », comme si tout dépendait de ce qu’on affiche à l’extérieur. Et puis il y a ce récit de Jésus sur le Pharisien et le Publicain. Le Pharisien se regarde dans le miroir et se félicite pour ses gestes: je jeûne, je donne, je suis clean. Mais Jésus met les points sur les i: ce n’est pas le regard qu’on porte sur soi qui compte, c’est le cœur devant Dieu. Le Publicain, lui, n’ose pas lever les yeux; il bat sa poitrine et dit: «\nÔ Dieu, prends pitié de moi, pécheur que je suis ». Et Jésus dit clairement: c’est celui qui s’humilie qui repart juste avec Dieu, pas celui qui s’est persuadé d’être en règle.

Dans nos vies, ça nous parle de ce qu’on présente comme « notre réussite » et de ce qu’on cache quand on a honte: des accents de comparaison, d’autosuffisance, ou au contraire un désir maladif de se prouver quelque chose. Mais ce texte nous invite à une simplicité étonnante: accepter que notre cœur est parfois cassé, imparfait, et avoir le courage de l’exposer tel quel à la lumière de l’amour de Dieu. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans la culpabilité, mais de quitter l’illusion de la perfection et de se laisser conduire par la miséricorde. Et ça, ça touche chacun: à l’époque des réseaux qui triomphent de nos meilleurs profils, ou dans nos moments de fatigue lorsque l’on sait qu’on aurait dû dire non et qu’on dit oui par peur du regard des autres.

Alors, peut-être que ce samedi de Carême devient une invitation simple: regarder droit devant, sans chercher à se rassurer par des notes ou des mérites, mais se rappeler que Dieu se penche sur le cœur, pas sur la façade. C’est une bonne nouvelle: même sans grand éclat, avec nos failles et nos hésitations, nous pouvons nous tourner vers lui et lui demander de nous aider à commencer à nouveau, petit à petit, dans la vérité et avec douceur.

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