
Réflexion chrétienne…
Quand Jésus dit qu’il ne vient pas abolir la Loi ni les Prophètes mais les accomplir, il ne parle pas d’un retour en arrière ou d’un perfectionnement technique des règles. Il parle de sens vivant. De ce qui est écrit, il veut faire jaillir une vie nouvelle, une cohérence entre ce qu’on croit et ce qu’on fait.
On peut se dire: “Bon, les règles, c’est lourd. Ça tient à des joutes internes, à des traditions, à des rituels.” Et puis, d’un coup, Jésus vient ajouter: non, ce n’est pas abolir, c’est accomplir. Accomplir, ça ne veut pas dire “faire pareil mais mieux”. Ça veut dire “mettre en acte jusqu’au bout” ce qui est vraiment là-dedans: l’amour, la justice, la vérité qui libère.
Dans nos vies, on voit souvent le risque des extrêmes. D’un côté, on peut s’accrocher aux règles comme à une bouée de sauvetage: “Si j’observe tout à la lettre, tout va bien.” On peut même se sentir mieux que les autres parce qu’on respecte les codes. Ça peut devenir une religiosité de façade, qui rassure mais qui manque d’humanité.
De l’autre côté, on peut tout remettre en question, tout défaire, jusqu’à douter de toute valeur. On peut se dire: “Tout est relatif, les règles, peu importe.” Et puis on perd ce qui nous rend humain: la figure du Dieu vivant qui se révèle dans des gestes simples, dans des choix qui font pousser la vie chez l’autre.
Jésus nous appelle à une voie moyenne, qui devient pain quotidien: l’accomplissement. Pas une simple conformité, mais une transformation. Cela commence dans les petites choses: dire la vérité avec douceur, écouter jusqu’au bout sans chercher à gagner, aider sans attendre la reconnaissance, aimer ceux que l’on préfère éviter. L’accomplissement, c’est aussi pardonner, recommencer, reconstruire des ponts l.
Et pourquoi est-ce si libérateur aujourd’hui? Parce que la Loi et les Prophètes ne sont pas des chaînes mais des repères, des guides pour aimer mieux. Accomplir, c’est laisser l’amour faire son travail dans nos coeurs et dans nos actions, jusqu’à ce que nos actes deviennent plus consistants que nos jactances. C’est une invitation à une vie plus vraie: quand je parle, que mes mots expriment la fidélité; quand je décide, que mes choix nourrissent la dignité; quand je vis, que cela révèle l’amour qui est plus fort que mes peurs.
Alors, comment se traduit cela concrètement, au jour le jour? Par une conscience qui se pose, chaque matin: « Qu’est-ce que l’amour exige aujourd’hui, dans ma situation précise? » Par une simplicité qui peut toucher les autres sans fanfares: un sourire, une présence, un service discret. Par une fidélité qui ne dépend pas des humeurs, mais qui tient bon quand c’est vrai et quand c’est demandant.
Pour moi, cette phrase de Jésus est une boussole: elle me rappelle que Dieu n’est pas un esprit lointain . Non, il est le Dieu qui marche avec nous, qui prend ce que nous faisons de bien et de fragile, et qui le transforme en quelque chose de plus vivant, de plus juste.
En somme, ne cherchons pas à faire semblant d’obéir. Cherchons à être transformés par l’Amour, afin que nos vies accomplissent ce que la Loi et les Prophètes annonçaient: une humanité nouvelle, portée par la tendresse de Dieu et authentiquement visible dans nos gestes du quotidien.

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