L’Evangile
Celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand » (Mt 5, 17-19)

Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant !
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant ! (cf. Jn 6, 63c.68c)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
Sa réflexion
- Dans ce passage, Jésus affirme clairement qu’il ne vient pas abolir la Loi ni les prophètes, mais les accomplir. Il ne s’agit pas d’un simple renforcement moral, mais d’un regard neuf sur le cœur de la Loi: la vérité qui libère, l’appel à la cohérence entre parole et vie. Jésus rappelle que ce qui est écrit ne perd pas sa valeur, mais que l’amour et la fidélité à Dieu dépassent les formes extérieures et les minorations codifiées de la pratique religieuse.
Cette parole nous invite à éviter deux extrêmes qui peuvent s’insinuer dans notre vie spirituelle durant le Carême:
- D’un côté, la tentation de minimiser l’exigence de l’Evangile en se dressant seulement sur des règles ou des rituels, comme si l’observance extérieure suffisait à être fidèle.
- De l’autre, celle de tout transformer en passéisme critique: remettre en cause chaque effort et voir dans la Loi une charge sans nuance.
La nouveauté que propose Jésus est une alliance renouvelée: un chemin où la loi est portée par l’amour. Accueillir l’accomplissement signifie se laisser sanctifier par la mémoire vivante de Dieu qui agit dans le présent, dans les gestes simples et constants de vérité, de justice et de bonté. Le Carême nous appelle alors à:
- approfondir notre fidélité à Dieu non comme contrainte, mais comme relation vivante;
- cultiver une intégrité entre ce que nous professons et ce que nous faisons au quotidien;
- se laisser réformer par l’Evangile, afin que nos actions témoignent de la tendresse et de la justice du Christ.
Pour nous aujourd’hui, cela peut se traduire par une attention particulière à nos petites vérités: nos justifications, nos jugements précipités, nos habitudes qui verrouillent la compassion. Si nous cherchons sincèrement à « satisfaire » Dieu par des actes qui tracent une ligne extérieure, nous risquons d’oublier l’essentiel: aimer Dieu et aimer notre prochain, avec la même miséricorde dont nous avons besoin pour nous-mêmes.

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