Parfois, je pense à Saint Vivien comme à un vieux copain que l’on n’a pas vu depuis des années, et qui, d’un seul coup, te regarde droit dans les yeux et te rappelle l’essentiel. Vivien, ce n’est pas juste un nom posé sur une histoire, c’est une manière d’être au monde: humble, patient, obstiné à croire qu’on peut encore être debout après les tempêtes.

Dans la vie, on court après des trucs qui brillent, des succès, des applaudissements, des crédits sur un compte que l’on garde secret même à soi. Et puis, il y a Vivien, qui a l’air de dire: « Respire. Regarde ce qui est sous tes pieds. Regarde ce qui t’arrive sans que tu le mérites peut-être. Et remercie, juste parce que tu es vivant. » Ce n’est pas grand-chose, mais c’est ça, le quotidien: des petites victoires, des petites douleurs, des petites joies qui s’accumulent comme des traces sur un chemin.

La vie, c’est aussi des choix qui nous font trembler. On hésite entre ce que l’on croit juste et ce qui est pratique, entre ce qui nous rend libres et ce qui nous lie à d’autres. Vivien nous rappelle que l’humilité n’est pas une faiblesse, mais une façon de tenir le cap quand le vent souffle fort. On n’a pas besoin d’être parfait pour avancer; on peut juste être vrai, un peu vulnérable, et continuer à poser un pas après l’autre, même si le pas est petit.

Et puis il y a cette idée de douceur tenace: prendre le temps de s’arrêter, de regarder autour de soi, de se dire qu’on n’est pas seul dans ce foutu tourbillon. Vivien, en regardant le monde, nous invite peut-être à se rappeler que la vie, ce n’est pas une ligne droite vers une destinée brillante, mais une mosaïque de rencontres, de silences, de gestes simples qui, pris ensemble, donnent du sens.

Alors, en écho à lui, on peut se promettre d’être présent à ce qui est là, tout de suite: à une conversation qui dure six minutes de trop, à une porte qui grince, à un sourire qui n’avait pas l’air d’avoir de raison d’être et qui, pourtant, éclaire un peu la journée. On peut aussi accepter que tout n’a pas de réponse, que certaines journées restent un peu lourdes, et que c’est OK: on n’est pas obligés d’être mis à nu devant tout le monde, mais on peut être honnêtes avec soi-même.

Finalement, vivre, c’est peut-être ça: apprendre à nommer ce qui nous encombre, puis laisser un peu de place à la lumière qui nous traverse sans nous brûler. S’entourer de personnes réelles, de gestes simples, de petites habitudes qui, sur le long chemin, font que l’on se reconnaît dans le miroir. Saint Vivien, dans sa façon de traverser les épreuves sans chercher à tout comprendre, nous dit: « Avance doucement, mais va jusqu’au bout de ce que tu es capable de porter aujourd’hui. »

Et si jamais tu doutes, rappelle-toi qu’il suffit parfois d’un pas hésitant pour recommencer une autre fois, avec, peut-être, un peu plus de netteté dans le regard et un peu plus de compassion pour soi et pour les autres.

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