L’Evangile
« Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur » (Mc 7, 14-23)

Alléluia. Alléluia.
Ta parole, Seigneur, est vérité ;
dans cette vérité, sanctifie-nous.
Alléluia. (cf. Jn 17, 17ba)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
appelant de nouveau la foule, Jésus lui disait :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l’homme
et qui entre en lui
ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l’homme,
voilà ce qui rend l’homme impur. »
Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison,
ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole.
Alors il leur dit :
« Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ?
Ne comprenez-vous pas
que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors,
ne peut pas le rendre impur,
parce que cela n’entre pas dans son cœur,
mais dans son ventre, pour être éliminé ? »
C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
Il leur dit encore :
« Ce qui sort de l’homme,
c’est cela qui le rend impur.
Car c’est du dedans, du cœur de l’homme,
que sortent les pensées perverses :
inconduites, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés,
fraude, débauche, envie,
diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans,
et rend l’homme impur. »
Sa réflexion
On peut lire ce passage comme une parole qui nous pousse à quitter le terrain des étiquettes et des apparences. Jésus dit par là qu’il ne suffit pas de se préoccuper des règles extérieures pour être « pur », que ce soit dans la nourriture, les gestes publics ou ce que les autres voient. Ce qui contamine l’homme, ce n’est pas ce qui entre par la bouche, mais ce qui sort du cœur. Et là, Jésus décrit une série de choses qui prennent forme dans nos vies: les pensées haineuses, les larmes et les rancunes, les jalousies, les paroles blessantes, les convoitises, l’égoïsme, la violence… tout ce qui révèle un cœur qui s’est fermé ou qui s’est blindé.
On peut se dire: « Oui, mais moi, je suis tout droit sur mes fesses et mes erreurs, comment faire? » Et c’est là que le texte nous parle utilement d’une manière qui ressemble à la vie vraie: ce qu’on porte en soi a des répercussions sur nos actes, sur nos mots, sur nos relations. On peut sentir que des fois, on justifie des petits manques de compassion par des excuses faciles. On peut aussi avoir peur de regarder ce qui se passe au plus profond, dans nos envies et nos peurs. Le texte nous invite à ne pas fuir ce regard, mais à être honnête avec soi: qu’est-ce qui remue en moi lorsque je suis fatigué, anxieux, ou en conflit avec quelqu’un?
Et puis, il y a cet appel à la transformation qui n’est pas une condamnation, mais une invitation à une autre manière d’être. Ce n’est pas une promesse magique où tout serait parfait du jour au lendemain; c’est plutôt une décision concrète de notifier les gestes du quotidien, de regarder ce qui sort vraiment de moi dans mes conversations, mes réactions, mes choix. Par exemple, dans nos vies pro et personnelles, on est souvent tentés par l’acharnement à gagner, à prouver qu’on a raison, à se protéger coûte que coûte. Le texte nous propose de prêter attention à ce qui, dans notre cœur, peut être blessé par ces dynamiques et de chercher une parole qui répare, qui écoute, qui désarme la violence par la douceur.
Dans la pratique, comment vivre cela au jour le jour? Voici quelques pistes simples et concrètes:
- Pause avant la parole: quand une remarque agaçante monte, comptez jusqu’à 5, puis demandez-vous ce que votre mot pourrait faire de bien à l’autre et à vous-même.
- Travail sur l’empathie: cherchez à comprendre le point de vue de l’autre même s’il vous paraît injuste. Parfois, derrière la provocation, il y a une peur ou une blessure qui parle.
- Nettoyage des rancœurs: identifiez une petite rancune tenace et écrivez ce que vous ressentez, puis cherchez une manière de la transformer en acte de réparation ou en demande de clarification auprès de la personne concernée.
- Cultiver l’humilité active: reconnaître ses limites et ses erreurs sans s’avilir, en s’efforçant d’apprendre et de grandir.
- Grands gestes, petites cohérences: ajustez vos habitudes de vie—écoute plus qu’argumentation, compassion plus que jugement, patience plus que précipitation.
Un autre angle qui peut nourrir cette réflexion est le quotidien des relations: les conversations avec le proche, le collègue, l’ami qui a changé de ton, le voisin qui vous agace. Le texte nous rappelle que ce qui sort de nous est révélateur; ce n’est pas un simple défaut à corriger, mais une invitation à devenir plus humains, plus libres, plus compatibles avec la dignité de chacun. Dans ce cadre, pardonner et se faire pardonner deviennent des pratiques qui transforment les rapports et, par là même, notre propre cœur.
En somme, Mc 7, 14-23 nous prend par la main pour nous dire: regardons ce qui sort de nous, pas seulement ce qui entre. Prenons soin de notre cœur comme on prend soin d’un jardin: on enlève les mauvaises herbes des pensées, on arrose ce qui est vivant, on invite la vie à se manifester dans nos gestes, nos paroles, nos choix. Et si quelque chose cloche, prenons le chemin de la repentance et de la réconciliation, pas pour rester dans le reproche mais pour avancer vers une vie plus humaine, plus ouverte, plus fidèle à ce qui rend us humains ensemble: la capacité d’aimer, même quand c’est difficile.

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