L’Evangile
« Tous ceux qui touchèrent la frange de son manteau étaient sauvés » (Mc 6, 53-56)

Alléluia. Alléluia.
Jésus proclamait l’Évangile du Royaume
et guérissait toute infirmité dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
après la traversée,
abordant à Génésareth
Jésus et ses disciples accostèrent.
Ils sortirent de la barque,
et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
ils parcoururent toute la région,
et se mirent à apporter les malades sur des brancards
là où l’on apprenait que Jésus se trouvait.
Et dans tous les endroits où il se rendait,
dans les villages, les villes ou les campagnes,
on déposait les infirmes sur les places.
Ils le suppliaient de leur laisser toucher
ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchèrent
étaient sauvés.
Sa réflexion
On a tous des vagues qui font tanguer notre vie: des doutes, des peurs, des devoirs qui pèsent, des blessures qui ne veulent pas guérir. Dans ce texte, on voit quelque chose d’étrange et de profondément humain: même quand Jésus et ses amis reviennent sur la terre ferme, l’attention se porte tout de suite sur la souffrance et sur ce qui peut la changer. La foule ne cherche pas un grand discours, ni une théorie; elle cherche une présence qui fasse du bien, qui donne de l’espoir ici et maintenant.
Et puis il y a ce geste simple, presque répété à l’infini dans nos vies: la proximité. Les gens s’approchent, ils touchent, ils espèrent. toucher les bords de son manteau, c’est comme dire: « si j’arrive juste à frôler quelque chose de lui, peut-être que mon monde changera ». C’est l’élan des mains qui cherchent une réalité plus grande que leurs propres forces. On ne peut pas tout expliquer, on ne peut pas tout maîtriser, mais on peut s’avancer, une main tendue, une prière muette qui dit: « aide-moi, fais quelque chose de bon ».
Et puis ce mot « guérison ». Dans le récit, la guérison n’est pas seulement l’absence de douleur physique; c’est une réorientation de la vie. Le corps retrouve sa fonction, mais aussi l’élan intérieur qui permet de croire à nouveau que demain peut être différent. Dans nos vies, la guérison peut prendre mille visages: une conversation qui démêle une confusion, le courage pour faire un pas pressé par la fatigue, la paix retrouvée après une crainte tenace, ou simplement l’air qui revient quand on pense être au bout du souffle.
Ce passage nous rappelle aussi que la présence d’un autre peut être une aide inestimable. On a trop tendance à penser que « tout seul, on s’en sort ». Là, c’est l’inverse: dans la proximité des autres et dans l’attention de quelqu’un qui écoute, qui voit, qui agit, on retrouve le chemin. Dans nos vies, cela peut se traduire par des gestes concrets de bonté: prendre le temps d’écouter un proche, aider quelqu’un qui chancelle, offrir une main à quelqu’un qui traverse une dure journée, ou simplement être présent sans vouloir tout résoudre tout de suite.
Enfin, il y a l’élément public du récit: la guérison se fait au contact des gens, pas dans l’isolement. La foi, ici, n’est pas un supplément privé mais une énergie qui se déploie dans une communauté; c’est ce qui permet à chacun de se sentir touché et de croire qu’un changement est possible. Dans notre monde moderne, c’est peut-être la même suggestion: nos vies ne se sauvent pas seulement individuellement, mais collectivement, dans le regard et l’action des autres.
Si je devais en retenir une phrase pour nos vies, ce serait: avancer vers l’autre avec légèreté et confiance, toucher ce qui peut nous guérir sans attendre d’être parfaits, et accepter que la guérison soit autant une transformation de soi qu’un geste qui redonne souffle et espérance à ceux qui nous entourent.
Quelques pistes pratiques qui en découlent
- Prenez un moment ce jour pour penser à ce qui vous fatigue le plus et identifiez une petite action concrète pour alléger cette charge (appel, encouragement, aide matérielle, écoute attentive).
- Si vous connaissez quelqu’un qui traverse une période difficile, proposez une présence simple: un café, une balade, un échange sans jugement.
- Réfléchissez à une « proximité » qui vous manque: quel geste simple pourriez-vous faire pour vous rapprocher des autres ou de vous-même cette semaine?

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