Tu connais ce moment où tu passes ta journée à donner: écouter, conseiller, aider, réconforter. On a le cœur bien rempli, mais le corps commence à râler doucement: un peu de fatigue, des zéros d’énergie, des petites irritations qui n’étaient pas là le matin. On arrose les autres toute la journée, comme on l’a reçu: avec des gestes simples, des mots, une présence. Et puis on se rend compte que, sans s’en rendre compte, on a oublié de nourrir notre propre vie, nos forces, nos limites.

Nourrir sa vie, ce n’est pas égoïste. C’est vital. C’est ce qui nous permet de continuer à être là pour les autres sans se vider. Ça peut prendre des formes simples:

  • prendre une vraie pause pour souffler: s’éloigner, respirer, regarder dehors, boire un café sans multitâche.
  • prendre soin de son corps et de son esprit: dormir suffisamment, bouger un peu, dire non quand c’est trop.
  • nourrir ses envies: lire, écouter de la musique, passer du temps avec des personnes qui font du bien, prier, méditer.
  • poser des limites claires: où est ma radio intérieure qui peut encore jouer sans grincer?

Quand on est dans l’élan d’aider, on peut sentir une tension entre le besoin des autres et le nôtre. On peut se dire: “Si je m’arrête, tout s’écroule.” En vrai, s’arrêter pour se refaire est ce qui permet de mieux se remettre en mouvement ensuite. C’est comme arroser tous les jours un jardin: il faut aussi nourrir le sol, pas seulement les plantes.

Alors, comment mettre ça en pratique, au quotidien?

  • repérer les moments où l’énergie tombe: fatigue, irritabilité, baisse de concentration. C’est un signal.
  • planifier une pause réelle: pas juste sept minutes devant l’écran, mais un vrai temps pour soi.
  • demander de l’aide quand c’est trop: on peut recevoir et donner à la fois.
  • rappeler que nos limites ne diminuent pas notre valeur, elles la protègent.

En fin de compte, arroseur et nourrisseur, c’est une même énergie: celle qui nous garde vivants pour vivre et aimer les autres. En prenant soin de nous, on devient plus présents, plus constants, plus généreux—pas à moitié, mais avec cette énergie qui vient de l’intérieur et qui ne faillit pas.

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