Il était une fois dans une ville comme les autres, une école au toit rouge et à la cloche qui sonnait pour chaque vrai et faux. Dans cette école, il y avait un couloir que personne n’aimait vraiment fréquenter: le mur du 3e étage. On disait qu’il avait été dressé par les anciens pour mesurer le courage des élèves, car chaque fois qu’un bruit arrivait du fond du couloir, le mur répliquait par un petit souffle qui faisait frémir les épaules.

Layla était en 4e A et elle avait toujours été du genre à rester à sa place. Pas par peur, mais par peur de déranger. Pourtant, ce jour-là, une rumeur s’était mise à courir plus vite que les minutes des cours: on disait que le concours de sciences allait récompenser celui qui tricherait le mieux. On parlait d’un « petit coup de pouce » à glisser dans les notes, d’une réussite sans effort, d’un plaisir facile qui ne laisserait personne voir le vrai travail derrière.
Layla regarda le mur. Il sembla la regarder aussi, comme s’il attendait une promesse. Elle se souvint des yeux de sa mère, qui avaient dit autrefois: « Ce qui est juste ne brille pas toujours, mais il porte loin. » Et elle ne comprit pas tout de suite ce que cela signifiait, mais elle sentit que, peut-être, le mur avait quelque chose à dire.
Au même étage vit un garçon nommé Kian. Il était nouveau, différent des autres: ses vêtements avaient des couleurs qui faisaient sourire, ses questions semblaient parfois trop honnêtes, et il n’avait pas l’habitude de rire avec les autres quand les autres riaient trop fort. Quand la rumeur arriva à lui, il posa une question simple: « Pourquoi quelqu’un gagnerait-il quelque chose en mentant? »
Layla et Kian commencèrent à parler pendant la pause, près du mur. Le mur, qui avait gardé les secrets des couloirs depuis des années, sembla s’animer légèrement, comme s’il écoutait vraiment. Kian expliqua ce qu’il pensait: que la vraie réussite venait du travail, de la curiosité, du respect des autres. Layla ajouta: « Et de l’aveu quand on se trompe. »
Le soir, d’un pas timide, Layla s’approcha du bureau du professeur de sciences et déposa une note: « Je ne participerai pas au truc qui triche. Je préfère partager les idées et travailler honnêtement. »
Le lendemain, un silence inhabituel flottait dans la classe. Le professeur expliqua qu’un petit écart ne peut pas être réparé par un grand mensonge, et que ceux qui choisissent le vrai travail trouveront, à la fin, une joie plus solide que le succès rapide. Les regards accusateurs se tournèrent vers celui qui avait tenté de tricher, mais personne ne le blâma; il était désormais seul avec son choix.
Au moment du concours, Layla et Kian, côte à côte, présentèrent leur projet commun: une expérience sur la lumière et l’ombre, montrant comment une vérité simple peut illuminer des problèmes complexes. Ils ne gagnèrent pas le concours avec un bruit fracassant; ils gagnèrent plutôt quelque chose de plus précieux: la possibilité de dormir en paix, avec la conscience claire.
Le mur, lui, resta immobile, mais on aurait dit qu’il respirait plus lentement, comme s’il avait compris que la force d’un collège ne se mesure pas à travers des notes, mais à travers les gestes qui préservent l’humanité de chacun.
Et toutes les fois où un autre élève rêvait d’un raccourci, le mur se rappelait du jour où Layla et Kian avaient choisi la clarté. Le mur n’avait pas de voix, mais il avait appris quelque chose de précieux: que même dans une école, même au cœur d’un bruit qui peut tout détruire, il existe une voie qui reste juste, et que cette voie peut devenir contagieuse, comme une lumière qui se partage sans s’éteindre.

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