L’Evangile
« Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » (Mc 6, 14-29)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Alléluia. (cf. Lc 8, 15)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
comme le nom de Jésus devenait célèbre,
le roi Hérode en entendit parler.
On disait :
« C’est Jean, celui qui baptisait :
il est ressuscité d’entre les morts,
et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Certains disaient :
« C’est le prophète Élie. »
D’autres disaient encore :
« C’est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait :
« Celui que j’ai fait décapiter, Jean,
le voilà ressuscité ! »
Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean
et de l’enchaîner dans la prison,
à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
que lui-même avait prise pour épouse.
En effet, Jean lui disait :
« Tu n’as pas le droit
de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean,
et elle cherchait à le faire mourir.
Mais elle n’y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean :
il savait que c’était un homme juste et saint,
et il le protégeait ;
quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ;
cependant il l’écoutait avec plaisir.
Or, une occasion favorable se présenta
quand, le jour de son anniversaire,
Hérode fit un dîner pour ses dignitaires,
pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa.
Elle plut à Hérode et à ses convives.
Le roi dit à la jeune fille :
« Demande-moi ce que tu veux,
et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment :
« Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai,
même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère :
« Qu’est-ce que je vais demander ? »
Hérodiade répondit :
« La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi,
et lui fit cette demande :
« Je veux que, tout de suite,
tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ;
mais à cause du serment et des convives,
il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde
avec l’ordre d’apporter la tête de Jean.
Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat,
la donna à la jeune fille,
et la jeune fille la donna à sa mère.
Ayant appris cela,
les disciples de Jean vinrent prendre son corps
et le déposèrent dans un tombeau.
Sa réflexion
Tu sais, on vit dans un monde où tout va vite, où l’image et le bruit prennent tellement de place qu’on finit par confondre l’écho des valeurs avec le souffle du quotidien. Dans ce passage de Mc 6, 14-29, on est mal à l’aise parce que ça nous pousse à regarder en face une réalité qui peut sembler dure, mais qui peut aussi nous éclairer sur nos propres comportements.
On est en plein cœur d’un pouvoir qui se nourrit d’apparences. Hérode, c’est celui qui veut montrer qu’il maîtrise tout, qu’il peut manipuler les scènes et les mots pour garder le contrôle. Et pourtant, sous la couronne et sous les fêtes, il y a une inquiétude qui ne le quitte pas: le danger que sa propre conscience le rattrape, le doute sur ce qu’il a accepté ou promis. Le texte montre une tension entre le désir de briller, de plaire, et une vraie fragilité morale. On dirait presque: “Regarde comment la dynamique du pouvoir peut nous aveugler, nous faire croire que tout peut être acheté ou vendu, même la vie des autres.”
Jean le Baptiste, lui, est une figure qui parle autrement. Sa voix traverse le bruit des salons du pouvoir, il n’est pas là pour flatter, mais pour rappeler une exigence plus haute: la justice, la vérité, le respect de la vie humaine. On peut lire dans son silence aussi une forme de fidélité à ce qui est juste, même quand on est seul et même quand cela coûte. Et c’est là que le récit frappe notre vie actuelle: combien de fois nous avons-nous aussi été tentés de gommer les boussoles éthiques par nécessité, confort, ou par peur d’être mal vus?
Le récit met aussi en lumière le poids des mots et des engagements. Hérode promet quelque chose qu’il n’a pas vraiment le droit de promettre: la vie de Jean. Et quand le moment d’agir arrive vraiment, il est piégé par les conséquences de ses propres promesses, par la peur des risques, par l’image publique. Cela nous interroge sur nos propres promesses, nos petits et grands “je te promets” qui, parfois, restent au stade du mot, parce que l’enjeu est plus grand que le confort du présent.
Dans nos vies, on peut reconnaître des dynamiques similaires: une course après les apparences, une peur de décevoir, une tentation de rester du côté du “bien vu” malgré ce qui paraît juste ou honnête. Le texte nous pousse à ne pas tout justifier par le pragmatisme, à ne pas abdiquer une part de notre humanité sous prétexte de pouvoir, de sécurité ou d’efficacité.
Pour moi, ce passage invite à une posture simple et exigeante à la fois:
- écouter ce qui nous pousse à être sincères avec nous-mêmes, au-delà du bruit des opinions et des pressions sociales.
- refuser les compromis qui blessent autrui ou qui sacrifient une vie par calcul ou par peur.
- retrouver le courage des intentions claires: dire ce qui est vrai, même si ça dérange, et agir avec respect de la dignité de chacun.
Et puis, peut-être que l’Evangile nous propose aussi une voie de fidélité et de libération: même quand le contexte social semble corrompu ou impitoyable, il y a une possibilité de choisir une vie qui reste fidèle à ce qui est juste. Pas pour gagner une approbation humaine, mais pour garder la conscience en paix et pour que notre parole, comme celle de Jean, puisse être une voix qui appelle à la justice, à la vérité et à la dignité.
Si tu le souhaites, je peux adapter cette réflexion selon:
- un ton plus personnel et intime (un journal-reflection),
- un cadre liturgique (pour une méditation guidée),
- ou un angle plus sociologique/psychologique (comment les dynamiques de pouvoir impactent nos choix quotidiens).

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