On parle souvent du besoin de gagner du temps, d’alléger nos agendas, mais là je pense à quelque chose d’un peu plus profond: se dépouiller du superflu pour se concentrer sur l’essentiel. Pas seulement pour faire place nette dans notre placard, mais pour que ce qui compte vraiment puisse respirer dans nos journées.

Dans nos vies, le superflu, ce sont les objets qui promettent du bonheur rapide, les notifications qui saturent, les heures perdues à courir après des détails qui, au fond, n’alimentent pas notre cœur. Déposer tout ça, ce n’est pas une punition; c’est une invitation à rééquilibrer notre attention.
Comment on fait, concrètement? D’abord, on observe: qu’est-ce qui prend la majeure partie de mon énergie sans nourrir mes relations ou ma foi? Puis, on choisit: on peut commencer par une petite libération — limiter une routine qui ne sert pas vraiment, prioriser une activité qui fait grandir, laisser plus de place à la rencontre avec l’autre, au silence qui écoute, à la prière qui met en lien.
Le mouvement n’est pas de tout arrêter pour éviter le risque, mais de retirer ce qui empêche l’essentiel d’apparaître. L’essentiel, c’est la relation: avec Dieu, avec les proches, avec ce qui donne sens à ma journée: regarder quelqu’un dans les yeux et ne pas être déjà ailleurs; aider sans attendre de reconnaissance; dire non à ce qui noie l’âme et oui à ce qui rend plus humain.
Et puis, accepter que dépouiller ne signifie pas moins d’expériences, mais une profondeur différente. Quand on enlève le superflu, la vie se remplit autrement: de temps réel avec les gens, de gestes simples qui disent “tu comptes”, d’un souffle de gratitude qui réoriente nos choix.
Un petit rituel simple pour commencer:
- ce soir, avant de ranger le téléphone, prendre deux minutes pour écouter ce qui se passe en moi (fatigue, tension, joie).
- repérer une activité qui ne nourrit pas et la remplacer par un moment de partage avec quelqu’un (un café, une prière ensemble, une promenade).
- écrire une phrase qui résume ce qui est essentiel pour moi en ce moment et la lire demain.
Le cœur de ce dépouillement, c’est l’attention: être présent à ce qui aide vraiment à aimer et à servir. Déposer le superflu, ce n’est pas faire moins, c’est laisser la vie se dire, se rendre accessible, devenir plus disponible pour Dieu et pour les autres.

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