On peut se dire: Dieu, il est là où on croit trouver des miracles, des signes éclatants, des moments grandioses. Et puis, il y a la vie de tous les jours: le trajet, le travail, la file d’attente, le sourire d’un collègue, le silence d’un soir où personne ne sait quoi dire. C’est là que parfois on passe devant une présence sans la voir, ou on la réduit à une théorie plutôt qu’à une rencontre.

Est-ce que je cherche Dieu selon mes attentes — là où j’imagine qu’il doit être — ou est-ce que je suis prêt à remarquer sa présence dans l’ordinaire ? Dans le rien qui n’a pas l’air d’un miracle, mais qui peut tout changer: une parole qui libère, un geste de bonté, une main tendue quand ça va mal, un moment de paix au milieu du tumulte.

On a tous des cadres dans lesquels on veut mettre Dieu: des lieux, des expériences, des sensations. Et c’est tentant de croire que Dieu ne se révèle que dans le spectaculaire, dans des signes forts qui confirment ce que l’on pense savoir. Mais peut-être que Dieu est surtout là, dans le hic et le banal, dans le quotidien qui ne crie pas « attention, miracle ! », mais qui, pris sur le fait, révèle une douceur, une stabilité, une présence qui soutient sans qu’on s’en rende compte.

Alors, comment vivre cela concrètement ? D’abord, en ralentissant un peu. Plutôt que d’arriver au culte ou à la rencontre avec une liste de demandes, essayer d’être simplement présent à ce qui se passe autour, sans juger ce qui est “comme il faut” et ce qui ne l’est pas. Ensuite, en regardant chaque petit échange comme une porte ouverte: un voisin qui demande conseil peut être une manière où Dieu se révèle, pas forcément comme un phénomène éblouissant, mais comme une attention partagée. Enfin, en cultivant une pratique de gratitude humble: reconnaître les petites mercis reçues dans la journée, même celles qui passent inaperçues, et s’en servir comme des signes qui permettent de dire: Dieu était là, sans que ce soit un spectacle.

C’est peut-être cela, la vraie foi: une capacité à reconnaître l’inconfort ou l’inconnu, et à dire oui, Dieu est présent ici aussi, dans l’instant quotidien, dans les gestes simples qui, pris ensemble, tissent une vie où l’âme peut respirer.

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