On connaît Marta ( Marthe ) et Lazare grâce à l’évangile de Jean: Marta qui s’active, Lazare qui est aimé, Jésus qui pleure devant la tombe. Mais si on les regarde de près, on peut y lire une vérité simple et utile pour nos vies d’aujourd’hui: le service et l’attente ne s’opposent pas, ils se complètent pour faire grandir l’amour autour de nous.

D’abord Marta, la femme qui se dépêche à servir. Dans nos vies modernes, on peut la reconnaître facilement: planning serré, to-do list qui n’en finit pas, responsabilités qui s’accumulent. Son énergie est précieuse: elle accueille, elle organise, elle répond présent. Pourtant, son échange avec Jésus nous rappelle qu’un service sans écoute peut manquer son cœur. Quand Jésus dit: « Marta, Marta, tu t’agites et te tourmentes pour beaucoup de choses », il ne dénigre pas le soin des autres; il invite à mettre le premier soin sur l’essentiel: être présent avec l’autre et lui donner une place. Le vrai service n’est pas seulement ce que l’on fait, mais la façon dont on accueille l’autre dans sa fragilité, ses questions, son cœur qui cherche.

Puis Lazare, personne aimée et scène de la perte. Son absence crée une urgence différente: attendre, espérer, puis accueillir la vie qui revient. Lazare nous parle aussi du silence qui prépare le miracle: parfois, ce que nous attendons ne se voit pas tout de suite, mais il se prépare en profondeur. Dans nos vies, il y a des deuils, des temps d’incertitude, des horizons qui s’assombrissent. Et c’est là que la foi peut apprendre à respirer: mettre nos mains dans les siennes qui savent garder l’espoir, même lorsque tout semble bloqué. L’attente, loin d’être passivité, peut devenir une forme de confiance active: garder le regard sur ce qui donne vie.

Entre Marta et Lazare, Jésus agit comme un signe vivant: il donne à chacun son rôle et dépasse nos catégories. Il appelle Marta à écouter avant de parler, à recevoir l’invitation à croire même quand la vie paraît tout entière en train de se défaire. Il se souvient de Lazare, il pleure avec ceux qui pleurent, puis il appelle la vie à sortir. C’est une invitation à trouver notre place dans le grand récit de la vie: être utile et disponible, mais aussi prêt à accueillir l’inattendu, à croire en des gestes qui peuvent sembler simples mais qui portent du sens sur le long terme.

Et nous, dans notre réalité quotidienne, que pouvons-nous retenir?

  • Servir avec cœur: être présent à l’autre, même quand la tâche paraît inévitablement lourde; prendre le temps d’écouter ce qui est vraiment besoin.
  • Accepter l’attente avec foi: les délais ne signifient pas l’échec, parfois ils préparent une rencontre, une guérison ou une révélation plus profonde.
  • Donner place à la joie et à la douleur: accompagner sans précipiter, permettre à chacun de traverser ses moments avec dignité.
  • Cultiver une hospitalité qui ouvre: accueillir les doutes et les fragilités comme des occasions de grandir ensemble dans la confiance.

Pour une application concrète:

  • Dans votre entourage, essayez de repérer une personne qui a besoin d’être écoutée plus que d’être aidée immédiatement. Donnez-lui votre temps et votre présence attentive.
  • Si vous traversez une période d’attente, notez chaque petit signe de vie ou de renouveau: une parole réconfortante, un petit pas vers la guérison, une action qui montre que l’espoir persiste.
  • Dans un groupe ou une équipe, mêlez les gestes de service concrets à des moments de partage humain: une pause autour d’un café pour écouter, un temps de prière ou de méditation, une décision prise avec discernement.

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