L’Evangile

« La lampe est apportée pour être mise sur le lampadaire. La mesure que vous utilisez sera utilisée pour vous » (Mc 4, 21-25)

Alléluia. Alléluia.
Ta parole est la lumière de mes pas,
la lampe de ma route.
Alléluia. (Ps 118, 105)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus disait à la foule :
« Est-ce que la lampe est apportée
pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ?
N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?
    Car rien n’est caché,
sinon pour être manifesté ;
rien n’a été gardé secret,
sinon pour venir à la clarté.
    Si quelqu’un a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »
    Il leur disait encore :
« Faites attention à ce que vous entendez !
La mesure que vous utilisez
sera utilisée aussi pour vous,
et il vous sera donné encore plus.
    Car celui qui a,
on lui donnera ;
celui qui n’a pas,
on lui enlèvera même ce qu’il a. »

Sa réflexion

Je me dis que Jésus parle, dans ce petit passage, comme on parle d’un truc qui peut éclairer une journée entière. Il dit: « Est-ce que l’on apporte la lampe pour la mettre sous le boisseau ? Non, elle est pour être mise sur le chandelier.» On peut comprendre que ce texte nous parle de lumière, mais pas seulement de lumière qui éclaire une pièce. Il s’agit de lumière qui éclaire nos choix, nos doutes, nos petites vérités qu’on cache par gêne ou par peur.

Et puis il y a cette suite: « Car il ne serait rien caché qui ne doive être révélé; rien de secret qui ne vienne à la lumière. » Ça parle à notre époque où tout est instantané, où tout ce qui est refoulé finit par sortir: réseaux, rumeurs, secrets qui se savent révélés un jour. On peut ressentir une tension: est-ce que c’est rassurant ou inquiétant ? Rassurant, parce que la vérité a une chance d’être connue et rectifiée; inquiétant, parce que la vérité peut frapper violemment nos petites îles privées où l’on se cache derrière des excuses.

Et Jésus conclut: « Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende. » Ce n’est pas juste une formule religieuse. C’est un appel à l’attention consciente. Dans nos vies d’aujourd’hui, on est bombardés d’informations, d’avis, de pubs, de sollicitations. Avoir des oreilles pour entendre, c’est prendre le temps de filtrer, de mettre en question ce qu’on reçoit, d’oser dire: est-ce que cela me conduit vers plus de vie ou vers plus de confusion ?

Mettre une lampe sur le chandelier, c’est exister sans illusion: montrer ce qu’on est, ce qu’on croit, ce à quoi on tient. Mais pas pour exhiber, pour éclairer. Certains jours, on voudrait peut-être cacher ce qui nous rend vulnérables: nos questions sans réponse, nos regrets, nos rêves qui n’ont pas pris forme. Le texte nous dit: la lumière finira par tout révéler. Alors peut-être que ce n’est pas une menace, mais une invitation à choisir une vie plus authentique: accepter de montrer ce que l’on est, avec nos fragilités, afin que ce qui est vrai puisse guérir ce qui est blessé autour de nous.

Et ce qui est remarquable, c’est que la lumière n’est pas donnée pour briller sur les autres comme sur un podium, mais pour nous éclairer dans nos gestes du quotidien. Au travail, à la maison, dans nos relations: une parole dite sans calcul, une intention claire, une promesse tenue, un pardon offert. Petit à petit, cette lumière peut devenir un espace où les autres se sentent en sécurité pour être eux-mêmes.

Dans nos vies actuelles, ce passage peut aussi nous rappeler la délicatesse du discernement face à la abondance d’informations: ce qui nous rassure, ce qui nous déstabilise, ce qui nous dévient. Être lumière, ce n’est pas être parfait; c’est s’exposer à la vérité avec courage, et accepter que la lumière peut révéler ce qui a besoin d’être réparé, transformé.

Si je devais mettre ça en pratique tout simple:

  • prendre un moment chaque jour pour vérifier ce que l’on transmet autour de soi: est-ce que c’est éclairant ou juste efficace pour impressionner?
  • cultiver des conversations où l’on cherche non pas à gagner une argumentation, mais à comprendre l’autre et à dire ce qui est vrai, même si c’est difficile.
  • accueillir les silences et les questions sans y répondre tout de suite, laisser la lumière agir sur ce qui est caché dans son cœur ou dans ses habitudes.

Et peut-être, au-delà de tout, se souvenir que la vraie lumière ne sert pas à attirer les regards, mais à rendre la vie plus libre: libre de dire non à ce qui détruit, libre de dire oui à ce qui bâtit.

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