On va pas se mentir, on a tous un problème avec le vide.

Vous avez remarqué ? Dès qu’on a trois minutes d’attente chez le médecin, ou même dix secondes dans l’ascenseur, qu’est-ce qu’on fait ? Hop, la main glisse dans la poche, on sort le téléphone. On vérifie les mails, on checke les notifs, on scrolle. C’est devenu un réflexe de survie. Comme si le silence était devenu un ennemi. Comme si ne rien faire, c’était coupable.

On vit dans une époque qui nous crie en permanence : « Sois productif ! Sois informé ! Sois connecté ! Sois au top ! » C’est une pression de dingue.

Mais spirituellement, c’est un piège mortel.

Jésus, lui, il faisait quoi ? L’Évangile nous le dit souvent : il se retirait dans des endroits déserts pour prier. Il « coupait le réseau ». Pourtant, il avait du boulot ! Il avait des foules à guérir, des disciples à former, un monde à sauver. Il avait une « To-Do list » bien plus chargée que la nôtre. Mais il savait s’arrêter.

Pourquoi nous, on n’y arrive plus ?

Je crois que c’est parce qu’on a peur de « désherber ». On a peur de couper. Dans l’Évangile de Jean, Jésus utilise cette image de la vigne. Il dit que pour porter du fruit, il faut être émondé. Ça veut dire quoi, émondé ? Ça veut dire qu’on sort le sécateur et qu’on coupe des branches. Même des branches qui ont l’air jolies, mais qui pompent toute la sève pour rien.

Aujourd’hui, « sortir le sécateur », c’est un acte de foi ultra courageux.

C’est oser dire : « Non, je ne répondrai pas à ce message ce soir, ça attendra demain. » C’est oser dire : « Non, je ne vais pas m’inscrire à cette énième activité, même si c’est pour la bonne cause, parce que là, je n’ai plus de temps pour Dieu ni pour ma famille. » C’est désinstaller cette appli qui nous vole une heure de sommeil par nuit.

Pourquoi c’est si important de faire ce ménage ?

Parce que Dieu ne crie pas. Dieu ne fait pas de « BIP » ni de vibration dans notre poche. Dieu parle dans ce que la Bible appelle le « murmure d’une brise légère ». Si ma vie est un chantier bruyant, rempli de broussailles et de notifications, je ne peux pas l’entendre. C’est physique.

Dire « non » à la pression sociale, c’est dire « oui » à l’essentiel.

Accepter de désherber, c’est faire de la place. C’est créer un espace vide en nous. Et ce n’est que dans cet espace vide que l’Esprit Saint peut venir s’installer. Si tout est plein, Il reste à la porte.

Alors, le défi pour nous cette semaine, il est simple mais il pique un peu : qu’est-ce que je peux couper aujourd’hui ? Quelle notification je peux éteindre pour rallumer ma vie intérieure ?

N’ayons pas peur d’être un peu moins « efficaces » aux yeux du monde, pour être un peu plus vivants aux yeux de Dieu.**

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