On a tous ce petit gendarme dans la tête. Vous voyez de qui je parle ?

C’est cette petite voix qui se réveille dès que vous vous posez cinq minutes sur le canapé. Elle vous dit : « T’as vu l’heure ? T’as pas lancé la machine à laver. T’as pas répondu au mail de machin. T’as pas avancé sur ton projet. »

On vit dans une société qui a réussi à nous faire croire un truc complètement dingue : si tu ne produis pas, tu ne vaux rien. Si tu n’es pas dans l’action, tu perds ton temps. Le vide, c’est l’ennemi.

Résultat ? On remplit tout. On comble les trous. On optimise chaque seconde. Même nos pauses sont « actives » : on écoute un podcast pour apprendre un truc, on scrolle pour se tenir au courant. On ne s’arrête jamais vraiment.

Mais il faut qu’on change de logiciel. Parce que ne rien faire, ce n’est pas être feignant. C’est biologique.

Regardez les sportifs de haut niveau. Ils vous le diront tous : le muscle ne se construit pas quand on soulève la fonte. Il se construit après, pendant le repos. Si tu t’entraînes 24h/24, tu te blesses. C’est tout.

Pour notre cerveau, c’est pareil. Quand on arrête de le gaver d’informations, quand on regarde le plafond, quand on laisse nos pensées vagabonder sans but précis, c’est là que la magie opère. C’est le moment où le cerveau trie. Il range les dossiers. Il fait des liens entre des idées qui n’avaient rien à voir.

Vous avez remarqué que les meilleures idées viennent souvent sous la douche, ou en conduisant sur une route déserte ? C’est normal ! C’est parce qu’à ce moment-là, vous ne forcez pas. Vous laissez votre système d’exploitation faire sa mise à jour en arrière-plan.

Le problème, c’est qu’on confond « ne rien faire » et « se distraire ». Se mettre devant une série ou scroller sur TikTok, ce n’est pas « ne rien faire ». C’est consommer. C’est encore de l’activité pour le cerveau.

Le vrai challenge, le vrai courage aujourd’hui, c’est d’accepter l’ennui. C’est de s’asseoir sur un banc et de regarder les gens passer, sans téléphone. C’est de boire son café en regardant la fumée monter, juste ça.

Alors, la prochaine fois que vous avez un moment de vide et que la culpabilité pointe le bout de son nez, dites-lui de se taire. Rappelez-vous que vous n’êtes pas en train de rien foutre.

Vous êtes en train de recharger les batteries. Vous faites de la maintenance système. Et c’est probablement la chose la plus productive que vous ferez de la journée.

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