
Aujourd’hui, le 28 janvier, on fête un sacré personnage : Saint Thomas d’Aquin.
Alors, dit comme ça, on imagine tout de suite le vieux moine poussiéreux, le nez dans des bouquins incompréhensibles. Et c’est vrai que le gars était une machine intellectuelle. C’était le « Google » du Moyen Âge. Il a écrit des milliers de pages pour essayer de tout expliquer : Dieu, l’homme, la morale, l’univers. Un génie absolu.
Mais il y a une histoire sur lui qui, je trouve, vient vraiment nous percuter dans nos vies d’aujourd’hui, nous qui sommes obsédés par la performance et la réussite.
Vers la fin de sa vie, après avoir écrit des chefs-d’œuvre que les gens étudient encore 700 ans plus tard, Thomas a vécu une expérience spirituelle très forte pendant une messe. Un moment de « connexion » intense.
Et juste après ça, il a fait un truc dingue : il a posé sa plume. Il a arrêté d’écrire. Net. Son secrétaire (qui devait paniquer un peu) lui demande : « Mais Maître, pourquoi vous arrêtez ? Il reste tant à dire ! »
Et Thomas lui répond cette phrase incroyable : « Tout ce que j’ai écrit me semble être de la paille, par rapport à ce que j’ai vu et ce qui m’a été révélé. »
De la paille. Le mec est au sommet de sa carrière, c’est une star internationale de la pensée, et il dit : « Mon boulot, c’est de la paille. »
Pourquoi ça nous parle aujourd’hui ?
Parce qu’on passe nos vies à construire des châteaux. On se bat pour notre carrière, pour notre réputation, pour avoir raison sur les réseaux sociaux, pour accumuler des « likes » ou de l’argent. On prend nos projets très, très au sérieux. On pense que ce qu’on fait, c’est du solide, du béton armé.
Thomas d’Aquin nous remet les pieds sur terre avec une humilité désarmante. Il ne dit pas que son travail était nul (la paille, c’est utile, ça nourrit, ça tient chaud !). Il dit juste que par rapport à l’essentiel — c’est-à-dire l’Amour, la beauté de la vie, le mystère de Dieu — nos réussites humaines sont minuscules.
Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire. Ça veut dire qu’il ne faut pas se prendre pour le centre du monde.
La leçon de ce « gros intello » (on l’appelait le Bœuf Muet parce qu’il était costaud et silencieux), c’est que l’intelligence, c’est super, mais que le cœur, c’est mieux.
Alors aujourd’hui, on peut penser à nos « grands projets » et se dire : « C’est bien, je fais de mon mieux, je bosse ma paille. » Mais n’oublions pas de lever la tête de temps en temps pour regarder ce qui compte vraiment : les gens qu’on aime, la beauté d’un ciel bleu, et ce mystère qui nous dépasse tous.
Parce qu’à la fin, ce n’est pas notre CV qui restera, c’est la quantité d’amour qu’on aura mise dans notre botte de paille

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