Frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Evangile de Marc nous met face à une scène simple en apparence, et pourtant d’une profondeur étonnante: Jésus est entouré de sa mère et de ses frères qui viennent le voir, et quelqu’un vient lui annoncer: “Ta mère et tes frères sont dehors et te cherchent.” Et Jésus, loin de les repousser, élargit la notion de famille: “Qui est ma mère, et mes frères? … Voici ma mère et mes frères: celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.”

Ce petit épisode peut sembler provocateur. Ne sommes-nous pas portés par les liens du sang, les liens familiaux, les rôles sociaux, les obligations? Oui. Et pourtant, Jésus nous invite à une redéfinition: l’appartenance qui compte vraiment, ce n’est pas uniquement le lien biologique ou le réseau de connaissances, mais la relation vivante avec Dieu et l’obéissance à sa parole.

Une claque douce, qui nous renvoie à nos priorités Dans nos vies rapides, nous sommes souvent happés par ce qui se voit: l’apparence, le statut, les succès, les étiquettes “adulte, parent, professionnel, citoyen”. Jésus pointe une boussole plus stable: la volonté de Dieu. Cela ne veut pas dire renier nos liens humains; au contraire, cela les illumine d’un nouveau sens. Nos familles humaines deviennent des lieux où l’amour de Dieu peut se rendre visible lorsque nous cherchons à faire le bien, à pardonner, à accueillir l’étranger, à défendre la dignité de chacun.

La vraie famille n’est pas une catégorie statique, mais une dynamique d’engagement Quand Jésus dit “celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère”, il ne gomme pas les liens; il les transcende. Être dans la volonté de Dieu, ce n’est pas une législation froide; c’est une manière d’être: humble et audacieux, fidèle et ouvert, capable de reprendre le chemin lorsque nous dévions. Cela suppose une continuité: apprendre à pardonner, à demander pardon, à tenir ferme quand c’est difficile, à choisir la justice même quand cela coûte.

Le sens dans le monde actuel Dans une société qui valorise l’efficacité, l’indépendance et l’image, ce passage nous invite à redécouvrir la communauté fondée sur l’amour gratuit et sur le service du prochain. Qui nous rappelle que nous sommes appelés à être “famille” les uns pour les autres? Ce peut être les voisins, les collègues, les personnes rencontrées dans les associations, les frères et sœurs dans la foi, ceux qui, sans lien de sang, partagent notre chemin de conversion et de bonté.

Une question spirituelle pour chacun Qu’est-ce que cela implique dans ma vie, ici et maintenant?

  • Ai-je des lieux où je fais véritablement “la volonté de Dieu” et où je peux être tenu, soutenu, corrigé par d’autres dans la charité?
  • Suis-je prêt à reconsidérer mes priorités lorsque mes engagements humains entrent en tension avec l’appel à aimer véritablement et à faire le bien?
  • Comment puis-je nourrir et préserver la vie de cette “famille” autour de moi, surtout pour les plus fragiles ou ceux qui se sentent exclus?

Oui, nous pouvons dire que c’est une une invitation à l’action La foi ne se résume pas à une croyance privée; elle se vit dans une communauté qui devient signe de Dieu dans le monde. Jésus nous rappelle que la vraie famille est celle qui marche avec lui sur le chemin de la fidélité, qui accueille, qui sert, qui pardonne. Elle se construit dans la disponibilité à faire la volonté du Père, jour après jour, dans les petits gestes et les choix courageux.

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