L’Evangile
« Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère » (Mc 3, 31-35)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
comme Jésus était dans une maison,
arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors,
ils le font appeler.
Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »
Sa réflexion
Dans ce passage, Jésus est entouré de sa famille et des disciples. Une famille vient le voir et on lui dit: “Ta mère et tes frères sont dehors et te cherchent.” Et Jésus répond, d’une manière qui peut paraître surprenante: “Qui est ma mère, et mes frères ?” Puis il regarde ceux qui l’entourent et dit: “Voici ma mère et mes frères: celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère.”
Si on le lit avec nos vies d’aujourd’hui, c’est comme une claque douce, mais nécessaire. On peut avoir l’impression d’être défini par nos liens, par notre nom, par nos obligations familiales, professionnelles, sociales. On peut penser que l’appartenance, c’est d’abord être le fils, la fille de quelqu’un, être dans une lignée, ou bien réussir dans telle carrière, ou être reconnu par tel groupe. Et puis Jésus dit autrement: l’appartenance, ce qui compte vraiment, c’est la relation avec Dieu et l’obéissance à sa parole.
On peut se dire: oui, mais est-ce que cela ne relègue les liens humains au second plan? Pas du tout. Jésus ne renie pas sa mère ni ses frères; il élargit la définition de la famille à ceux qui font la volonté de Dieu. C’est-à-dire à tous ceux qui prennent au sérieux ce qui est demandé d’eux: aimer, pardonner, accueillir l’étranger, chercher la justice, être honnêtes même quand c’est inconfortable.
Dans nos vies actuelles, on est souvent tiraillés entre le besoin d’appartenance sociale (groupe WhatsApp, réseau, amis de lycée, collègues), et une vie intérieure qui peut sembler moins “visible”. Ce passage nous invite à recentrer: la vraie famille, la vraie appartenance, ce n’est pas un tag sur une page, c’est une relation qui se vit dans les choix quotidiens. Quand je décide d’être honnête au travail même si personne ne regarde; quand je prends le temps de tendre la main à quelqu’un qui a peur de parler; quand je préfère la vérité à l’étiquette qu’on voudrait me donner; quand j’essaie de mettre mes actes au service de ce qui est juste plutôt que de ce qui est commode: là, j’entre dans la famille de Dieu.
On peut aussi entendre que Dieu est “la source” de cette relation: faire la volonté de Dieu, ce n’est pas une liste de règles, mais une manière d’être, une attitude de cœur. Cela peut être angoissant parce que cela pointe vers une exigence qui dépasse nos petits calculs: ce qui compte, c’est la fidélité, la constance, la capacité de se remettre en question, de se laisser transformer par l’amour.
Et puis, dans un monde où tout va vite, où l’on passe d’un lien à un autre, où les identités se brouillent et où l’on cherche du sens, ce texte propose une boussole: qui sont ceux qui me rappellent que je suis appelé à grandir, qui me rappellent la tendresse de Dieu, qui me montrent comment être vraiment frère, sœur, fille ou fils pour les autres? Ce sont ceux qui, comme Jésus avec ses disciples, font la volonté de Dieu, pas pour impressionner, mais parce que c’est là que se joue la vie.
Pour finir, peut-être que chacun peut se poser une question simple: dans ma vie aujourd’hui, qui est ma “famille” au sens profond, celle qui est faite de gestes concrets de bienveillance et d’un cœur qui cherche à suivre Dieu? Et si la réponse est: “Ceux qui m’entourent et qui font la même route de vie”, alors on touche peut-être à cette idée: la vraie famille, c’est celle qui se soutient dans l’effort de rendre le monde plus humain, plus juste, plus aimant.

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