
thèmes que ce conte permet d’aborder:
Accueillir l’imprévu comme richesse plutôt que comme perturbation, ouverture à l’écoute et à la curiosité, dépasser les routines et les peurs qui verrouillent le quotidien, découverte de talents et de potentialités cachés, problèmes de contrôle et besoin de flexibilité, importance de l’imagination et de l’imprévisible dans la vie, confiance en soi et autonomie dans la prise de décision, responsabilité personnelle face au changement, sens de la communauté et des actes concrets qui rapprochent les gens, métaphores du livre comme invitation à lire sa vie autrement, table ronde sur le courage d’essayer quelque chose de nouveau
conte:
Il était une fois, dans un village où les jours se resseraient comme des pages qui se tournent, une jeune fille nommée Lila. Elle avait l’habitude d’organiser sa vie comme on suit une recette: tout prévoir, tout mesurer, tout planifier. Ses journées étaient rangées, sans surprise, et elle aimait ça comme on aime la routine qui tient debout.
Un soir d’automne, alors que le vent soulevait les feuilles et faisait cliqueter les volets, quelque chose d’imprévu arriva: un petit livre gris, poussiéreux et sans titre, tomba du ciel, oui, du ciel—comme si le plafond lui-même avait décidé de se pencher pour faire une faveur à un esprit curieux. Le livre n’avait ni nom ni auteur visible. Lila le ramassa, intriguée par ce que le destin venait de lui glisser dans les mains.
Au lieu d’être ravi, elle sentit une pointe d’inquiétude. Que contenait ce livre ? Des promesses, des défis, ou des réflexions qui pourraient bouleverser ses plans? Elle ouvrit la première page et lut une phrase qui n’avait pas été écrite pour elle, mais qui semblait parler directement à son cœur: “Cet ouvrage ne se lit pas avec les yeux, mais avec l’écoute.”
Curieuse malgré elle, Lila se mit à écouter. Chaque page était un petit monde: une ville où les horloges ralentissaient juste assez pour laisser les gens entendre leurs propres rêves; une forêt où les chemins ne menaient nulle part et pourtant tiraient les voyageurs vers ce dont ils avaient le plus besoin; une mer où une vague différente chaque fois disait aux lecteurs ce qu’ils avaient repoussé en eux.
À mesure qu’elle avançait, Lila remarqua que le livre ne racontait pas des histoires comme les autres. Il ne cherchait pas à expliquer le monde, mais à le révéler: les peurs qui la tenaient enfermée dans sa routine, les talents cachés qui s’éveillaient quand elle cessait d’éviter l’inconnu, les voix autour d’elle qui souhaitaient être entendues. Le livre ne lui donnait pas une recette, mais des clés pour écrire sa propre aventure.
La ville, elle aussi, semblait changer au contact du livre. Des commerçants qui ne s’étaient jamais parlés se retrouvaient autour d’un café, partageant ce qu’ils avaient découvert en lisant. Des enfants, qui s’étaient toujours alignés sur les mêmes jeux, improvisaient des histoires en marchant sur les pavés. Lila réalisa que l’imprévu n’était pas une menace à craindre, mais une richesse à accueillir pour tisser des liens neufs.
Quand elle arriva à la dernière page, le livre semblait s’effriter en poussière lumineuse, puis disparut comme il était venu, laissant derrière lui une leçon gravée dans l’air: accueillir l’imprévu, ce n’est pas abandonner ce que l’on a prévu, c’est laisser la possibilité d’un autre chemin qui peut rendre tout plus grand, plus vivant.
Lila retourna chez elle, le cœur un peu battant mais libre. Elle commença à regarder autour d’elle non plus comme une spectatrice qui suit un itinéraire, mais comme une personne prête à suivre ce que le vent apporte, à parler avec ceux qu’elle croisait sans peur, à essayer ce qu’elle n’aurait jamais osé tester. Le livre avait pris fin, mais son histoire venait juste de commencer—une histoire où chaque jour est une page blanche prête à accueillir l’imprévu comme une richesse.
Et vous, lecteur, que feriez-vous si un livre tombait du ciel et vous poussait à écouter ce que vous ne connaissez pas encore?

Laisser un commentaire