L’Evangile
« Les gens de chez lui affirmaient : Il a perdu la tête » (Mc 3, 20-21)

Alléluia. Alléluia.
Seigneur, ouvre notre cœur
pour nous rendre attentifs aux paroles de ton Fils.
Alléluia. (cf. Ac 16, 14b)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
Jésus revint à la maison,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »
Sa réflexion
Dans l’évangile de Marc, on lit que Jésus et ses disciples reviennent, et que la foule est si dense qu’ils n’ont même plus de place à manger. Puis, ses proches, ces gens qui l’aiment et qui veulent le protéger, viennent pour le prendre avec eux, parce qu’ils pensent qu’il est hors de lui. C’est une image forte, non pas d’un héros invincible, mais d’un homme qui vivait une agitation immense autour de lui, qui recevait des demandes à n’en plus finir, et qui, malgré tout, avançait avec une énergie qui déstabilise les certitudes des autres.
Quand on lit ça comme “nous”, on peut se dire: nos vies aussi ressemblent à ça. On peut être tellement pris par nos activités, nos obligations, nos soucis, qu’on n’a plus assez d’espace pour respirer, pour rire, pour se poser. On voudrait parfois prendre quelqu’un dans nos bras et dire “écoute, tout va bien”; et en même temps, on ressent cette frustration de ne pas être entendu, de ne pas être vu tel qu’on est, dans le feu de nos propres combats.
Les proches qui viennent vers Jésus, dans ce texte, montrent une dynamique humaine très simple: on a besoin de protection, de normalité, de lien. On a besoin de quelqu’un qui nous rappelle que l’on peut être fragiles sans être éliminés. Or, ce qui se passe, c’est que ce qui paraît comme une bonne intention—« Jésus, ils sont fous, fais-les taire »—peut aussi démontrer une peur, une incompréhension, une tentation de mettre les choses au pas, de maîtriser ce qui échappe à nos cadres.
Et puis il y a Jésus, qui répond, non par la répression, mais par une invitation à regarder plus loin. Pas d’explication grandiloquente ici, juste une énergie qui continue, qui refuse de se taire. On peut sentir que sa vie, c’est une sorte de flot qui traverse les murs, qui traverse les idées reçues, et qui peut déranger autant qu’apaiser. Cette image peut nous parler dans nos propres vies: lorsque l’on touche à ce qui nous anime vraiment, on bouscule les habitudes, on dérange les autres, on dérange même nos propres peurs.
Alors, que faire avec tout ça dans notre quotidien? Peut-être commencer par prendre conscience de deux choses simples:
- D’abord, que vouloir protéger sa vie, sa famille, son cœur est légitime. On n’a pas besoin d’être parfait pour mériter de l’espace et de l’écoute.
- Ensuite, que les directions que prennent nos vies peuvent être profondes et dérangeantes: elles exigent parfois de ne pas tout comprendre tout de suite, mais de continuer à avancer avec honnêteté et douceur.
Et si on élargit la perspective, on peut voir que ce passage nous invite à accueillir la tension entre notre besoin de sécurité et l’élan vers quelque chose qui nous dépasse—un élan qui peut sembler « hors de lui », mais qui, en fin de compte, peut révéler une manière plus vraie d’être ensemble.
Pour conclure, cette scène nous semble parler de la vie telle qu’elle est: mouvement, peur, protection, et une énergie qui pousse au-delà des murs qu’on érige pour se garder. Elle nous rappelle que vivre ensemble, ce n’est pas éviter le chaos, mais apprendre à naviguer avec fragilité et respect, à écouter ce qui anime l’autre, tout en restant fidèles à ce qui nous tient vraiment.

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