On est dans un monde où tout semble calibré pour qu’on montre le meilleur côté de nous-mêmes: photos bien retouchées, vies parfaites sur les réseaux, pubs qui promettent le bonheur en trois clics. Du coup, la question devient: être ou paraître, et est-ce que ce qu’on voit en façade correspond vraiment à ce qu’on vit au fond de nous?

Parfois, on se sent obligé de jouer un rôle: sourire quand on a mal, dire oui quand on voudrait dire non, déployer des stratégies pour être accepté, aimé, eu. Et puis, à force, on confond l’image avec la réalité: on croit qu’être heureux, c’est afficher une vie sans faille, sans lenteurs, sans doutes. Mais la vie, elle est surtout faite de petits moments qui ne rentrent pas dans les cadres parfaits: une soirée où on se sent éteint, une conversation hésitante, une journée où tout semble pèse lourd.

Le choix entre être et paraître, c’est aussi un choix entre vitesse et profondeur. Paraître, c’est rapide: on peut mettre des mots qui sonnent bien, créer une version polie de soi-même, éviter les zones d’ombre. Être, c’est un peu plus lent, plus fragile peut-être: accepter ses vulnérabilités, prendre le temps d’écouter vraiment, se dire qu’on n’est pas obligés de tout résoudre tout seul. Et pourtant, c’est souvent là, dans la lenteur et dans l’authenticité, que naît une forme durable de bonheur: celui qui n’a pas besoin d’être justifié, qui ne cherche pas l’approbation des autres, mais qui est en accord avec ce qu’on ressent vraiment.

Dans les gestes simples du quotidien, être peut prendre des couleurs très concrètes:

  • dire non quand c’est nécessaire plutôt que d’accumuler des compromis qui n’ont pas de sens;
  • demander de l’aide quand on est bloqué, sans honte;
  • écouter sans préparer une réponse tout de suite, juste être là;
  • choisir des loisirs ou des activités qui nourrissent l’âme plutôt que le masque social.

Et, surtout, se rappeler que le bonheur n’est pas un état constant de félicité, mais une série de micro-expériences: un sourire partagé, une promenade sous la pluie, une takeaway qui réconforte, une nuit de sommeil bien méritée après une journée difficile. Ce qui compte, ce n’est pas l’étiquette que l’on porte, mais la qualité de nos choix: cohérence entre ce que l’on dit et ce que l’on fait, respect des limites des autres et des siennes, et une dose d’auto-compassion quand on se trompe.

Petit exercice pratique pour la semaine:

  • Chaque jour, notez une petite action qui vous a permis d’être authentique plutôt que de paraître: un refus poli, une hésitation exprimée, une joie simple partagée.
  • Posez-vous la question: est-ce que cette action me rapproche de ce que je suis vraiment ou est-ce qu’elle répond surtout à une image que je voudrais projeter ?
  • Finissez la journée par une minute de respiration consciente pour redonner de l’espace à ce qui est vraiment important: le bien-être, la manière dont vous traitez les autres, votre santé mentale et émotionnelle.

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