L’Evangile

« Les esprits impurs criaient : “Toi, tu es le Fils de Dieu !” Mais il leur défendait vivement de le faire connaître » (Mc 3, 7-12)

Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus se retira avec ses disciples près de la mer,
et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent.
    De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie,
et de la région de Tyr et de Sidon
vinrent aussi à lui une multitude de gens
qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait.
    Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition
pour que la foule ne l’écrase pas.
    Car il avait fait beaucoup de guérisons,
si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal
se précipitaient sur lui pour le toucher.
    Et lorsque les esprits impurs le voyaient,
ils se jetaient à ses pieds et criaient :
« Toi, tu es le Fils de Dieu ! »
    Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.

Sa réflexion

Ce que Jésus fait dans nos vies, même quand le bruit court »

On commence par poser le contexte: Dans ce passage, Jésus est entouré de foules qui se pressent pour écouter ses paroles et voir ses miracles. Les stature médiatiques d’aujourd’hui pourraient être: les réseaux qui charrient les likes, les habitudes urbaines qui veulent tout tout de suite, et puis la curiosité qui peut se transformer en alcool du sensationnel. Jésus, lui, se met à l’écart avec ses disciples, et la rumeur de ses actes se répand bien au-delà des frontières: on dit qu’il guérit, qu’il libère, qu’il remet debout ce qui est cassé.

  • On peut ressentir parfois que le monde, comme ces foules, est en « mode bruit ». Le bruit des infos, des avis, des personnalisations intensives qui font que tout devient spectaculaire ou effrayant. Dans ce bruit, Jésus est comme une voix qui invite à s’approcher sans se perdre dans la traînée. Il ne répond pas à chaque appel par un spectacle, mais par une invitation à une relation plus intime: « Venez à moi, vous qui êtes fatigués… » (Mt 11,28; esprit du livre de Marc se lit aussi dans cette logique).
  • L’action de Jésus dans le passage montre qu’il agit pour libérer et réconcilier. Il ordonne aux esprits impurs de sortir des personnes, et même les pharisiens, qui ne veulent pas reconnaître la source des miracles, voient et s’étonnent. Pour nous, cela peut signifier que Dieu agit dans nos vies même lorsque nous sommes en train de “juger” ce qui se passe autour de nous. Notre premier réflexe peut être de douter, d’exiger des preuves, ou de mettre des filtres rationnels pour tout comprendre. Marc nous montre une voie inverse: accepter l’action de Dieu, même si elle bouscule nos certitudes.
  • Le fait que beaucoup restent en arrière, et que ceux qui sont atteints viennent près de Jésus, peut être une invitation à se rendre disponibles. Dans nos vies, qu’est-ce qui nous empêche de nous approcher pleinement? La peur du regard des autres? L’orgueil de penser que tout dépend de nous? Ou la simple habitude de faire autrement, de s’en remettre à soi?
  • Le passage mentionne que même les foules veulent toucher Jésus, et que les esprits impurs reconnaissent son unité. Cela peut être compris comme une reconnaissance que quelque chose en Jésus dépasse les catégories humaines: bonté, guérison, dignité retrouvée. Dans nos vies, cela peut être l’appel à reconnaître que ce qui dépasse notre contrôle peut aussi toucher nos cœurs: la compassion, la paix, la libération du poids intérieur.

Une dynamique pratique pour nos jours:

  • Revoir nos espaces de connexion: quand on est exposé à tant d’informations et de mirages publics, prenons des moments pour “s’approcher”: lire, prier, se taire, écouter. Pas seulement consommer, mais entrer en relation.
  • Ouvrir ses mains et son esprit à l’imprévu bienfaisant: comme les foules qui se jettent parfois sur les nouvelles sans discernement, entraînons-nous à discerner ce qui élève, ce qui réconcilie, ce qui met debout.
  • Accueillir l’invitation à la guérison intérieure: si quelque chose nous pèse — peur, colère, regrets — oser demander de l’aide, parler avec quelqu’un de confiance, ou prier lentement pour la libération de ce qui nous entrave.

Conclusion personnelle: Marc 3,7-12 nous rappelle que Dieu agit dans nos vies avec une énergie qui cherche à nous libérer et à nous réorienter vers une vie plus humaine et plus associée à la dignité des personnes autour de nous. Dans notre quotidien, cela peut se traduire par des gestes simples: prendre le temps d’écouter, agir avec douceur et courage face à nos propres démons, et accepter que l’étrange, l’imprévu du divin, vienne toucher notre réalité ordinaire.

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