
On me dit souvent: Dieu nous aime, point barre. Mais si on creuse un peu, on se rend compte que cet amour n’est pas une étiquette collée sur notre destin: il se déploie dans notre liberté. Dieu nous laisse libres du oui comme du non. C’est ça, le vrai cadeau — ou le vrai défi: accepter d’être aimé sans être forcé à dire oui, et accepter aussi le risque du non.
Dans notre vie, on vit des choix qui rythment nos jours: « Est-ce que je vais m’engager dans telle relation? Est-ce que je vais pardonner? Est-ce que je vais prendre cette route qui demande du courage ou rester dans ce qui me rassure mais me retient? » Et Dieu, on le sent parfois près, parfois silencieux. Pas comme un maître d’école qui coche les bons et les mauvais, mais comme un ami qui respecte ton espace intérieur. Il ne t’impose pas son plan: il te propose, il te attire, il te laisse libre de dire oui ou non.
Le “oui” que Dieu espère n’est pas un oui d’obéissance aveugle, mais un oui qui vient de la vie, qui te rend plus libre, plus vivant. Quand on dit oui, ce n’est pas juste une décision morale: c’est une orientation qui répare des liens, qui redonne de la dignité, qui donne envie de prendre sa part dans le monde. Le oui peut être petit — une parole de compassion, une poignée tendue, un pas de plus vers la paix — et pourtant il peut changer beaucoup de choses.
Le “non” aussi compte. Le non n’est pas une trahison de Dieu, c’est parfois une affirmation de soi, de ses limites, de ses valeurs, de ce qui ne convient pas à qui je suis vraiment ou à ce que Dieu veut pour moi. Le non, s’il est dit avec honnêteté et sans haine, peut même devenir une forme d’amour: amour pour soi, amour pour autoriser les autres à être eux-mêmes, amour pour la vérité qui arrive parfois sous forme de refus.
Alors, Dieu nous laisse libres: oui, non, et tout ce qui se joue entre les deux. Cette liberté est, paradoxalement, le terrain même de l’amour véritable. Car l’amour vrai ne manipule pas, il ne force pas. Il invite, il respecte, il désire le meilleur pour l’autre, même si cela implique des choix difficiles ou des mots qui font mal à entendre sur le moment.
Dans nos vies quotidiennes, cela se voit quand on accueille ou quand on refuse, quand on pardonne ou quand on dit merci mais non. Ça se voit aussi dans nos relation en ligne: on peut choisir d’ériger des murs ou d’ouvrir des portes, de juger ou d’écouter. Le Dieu libre que nous rencontrons n’est pas du côté du contrôle, mais du chemin avec nous, de la confiance donnée à notre discernement.
Et si la question est: c’est le véritable amour? Peut-être que la réponse n’est pas dans la démonstration d’un contrôle divin, mais dans cette invitation radicale à choisir librement, à aimer sans contrainte, à se construire et à reconstruire sans cesse. L’amour qui libère est celui qui respecte ta liberté et qui, même face à ton refus, continue d’être présent, patient, vivant.

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