L’Evangile

« Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 23-28)

Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Un jour de sabbat,
Jésus marchait à travers les champs de blé ;
et ses disciples, chemin faisant,
se mirent à arracher des épis.
    Les pharisiens lui disaient :
« Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat !
Cela n’est pas permis. »
    Et Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu ce que fit David,
lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim,
lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?
    Au temps du grand prêtre Abiatar,
il entra dans la maison de Dieu
et mangea les pains de l’offrande
que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres,
et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »
    Il leur disait encore :
« Le sabbat a été fait pour l’homme,
et non pas l’homme pour le sabbat.
    Voilà pourquoi le Fils de l’homme
est maître, même du sabbat. »

Sa réflexion

  • Dans ce texte, Jésus ne condamne pas le fait de travailler ou d’avoir des besoins — il conteste une rigidité qui transforme une vraie liberté en contrainte arbitraire. Le sabbat est destiné à faire grandir l’homme, à lui donner du repos, du temps pour respirer, pour se rappeler d’où vient tout ce qui est bon. Aujourd’hui, beaucoup de choses nous poussent à oublier cette logique: les deadlines qui s’enchaînent, les notifications qui ne s’arrêtent jamais, la comparaison constante sur les réseaux sociaux. Le message de Jésus invite à distinguer entre une règle utile et une règle qui devient tyran. Le repos, le ressourcement, la relation avec Dieu et avec les autres, cela reste essentiel — pas seulement un moment qu’on coche dans une to‑do list.
  • La faim et les besoins réels du quotidien Les disciples qui cueillent des épis pour manger montrent que, même avec les meilleures intentions de piété, on ne peut ignorer les besoins du ventre et de l’existence concrète. Dans la vie d’aujourd’hui, cela peut se traduire par des choix qui touchent la dignité: qui nourrir, comment aider ceux qui manquent de ressources, comment vivre sans exploitation. Le critère n’est pas « ce qui est permis ou interdit », mais « ce qui nourrit la personne dans sa dignité et sa relation à Dieu ». Jésus rappelle que l’amour, la miséricorde et la sensibilité à l’autre ont priorité sur des règles qui fermant les yeux sur la souffrance humaine.
  • Le titre de Jésus et ce que cela change dans nos vies Jésus dit qu’il est maître du sabbat, et qu’il est le Fils de l’homme. Cela signifie que Dieu se révèle dans et par une personne avec une réalité humaine et divine. Dans notre quotidien, cela peut se traduire par une invitation à reconnaître que Dieu agit souvent dans des lieux inattendus: un repas partagé, une conversation avec un ami, un coup de main donné sans attendre de retour. Être disciple, ce n’est pas seulement respecter des rites, c’est accueillir une relation vivante avec Dieu qui se manifeste dans l’attention à l’autre.
  • L’équilibre entre foi et action La scène invite à un équilibre: la foi ne se réduit pas à des idées abstraites, elle se vit dans des gestes concrets. On peut penser à notre époque où l’on parle beaucoup de spiritualité mais où les gestes de compassion peinent à suivre. Comment mes actions témoignent-elles de l’amour de Dieu dans mes choix quotidiens? Est-ce que je suis prêt à réviser mes priorités pour laisser la miséricorde et la justice guider mes décisions (consommation, travail, temps libre, engagement civique, entraide communautaire) ?
  • Message pour nos villes et nos familles Dans nos villes modernes, le sabbat peut être ce temps de pause où l’on se reconnecte à ce qui a du sens: Dieu, la famille, les amis, la nature. Cela peut poser question: est-ce que nos rythmes actuels nous épuisent ou nous nourrissent? Comment préserver des espaces de repos et de dialogue sans culpabiliser ceux qui travaillent ou qui vivent des vies trépidantes? Le texte appelle à une conscience de la dignité humaine et à une attention aux plus fragiles, plutôt que de s’enliser dans une logique productive pure.
  • Invitation pratique
  1. Prendre un moment de repère: une pause quotidienne de 5 à 10 minutes où l’on peut rappeler que Dieu est amour et que notre repos est une bénédiction, pas une contrainte.
  2. Réfléchir à une petite action pour quelqu’un qui a besoin: un coup de fil, un repas partagé, une aide pratique sans jugement.
  3. Demander à Dieu de nous aider à discerner quand une règle protège la vie et quand elle risque d’étouffer la vie ou la compassion.
  4. Partager notre ressourcement avec d’autres: pourquoi ne pas proposer un moment de parole et de silence en famille, entre amis, ou dans une communauté locale?

En somme Marc 2, 23-28 nous rappelle que la foi vivante ne se cantonne pas à des règles, mais qu’elle s’ancre dans une relation vivante avec Dieu et avec les autres. Le repos, la faim humaine, la compassion et la liberté profonde de l’amour de Dieu guident nos choix. Dans notre vie quotidienne, pris entre obligations et besoins, ce passage nous invite à discerner ce qui nourrit vraiment l’être humain et à vivre avec une main qui donne et une autre qui aime.

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