Tu connais ce truc qui passe souvent en tête: “Pour aider les autres, il faut tout donner de soi, sans jamais penser à soi.” Ça peut paraître noble, mais en vérité, on peut devenir épuisé, amer, ou même faillir là où on veut être utile. Alors peut-être que l’idée w encore plus vraie, c’est: être égoïste, parfois, pour mieux servir les autres. Oui, égoïste — mais pas dans le sens négatif qu’on entend habituellement. Un égoïsme sain, intelligent, qui commence par prendre soin de soi pour pouvoir vraiment prendre soin des autres ensuite.

Premièrement, être égoïste pour se ressourceR. On parle souvent d’épuisement: le corps, l’esprit, les émotions tirent la langue et réclament du repos. Si on n’avance pas avec une énergie suffisante, on finit par faire du mal plutôt que du bien. Prendre du temps pour soi — dormir suffisamment, manger correctement, faire une pause mentale, se ressourcer avec ce qui nourrit vraiment — c’est une décision d’être honnête envers soi et envers les gens qu’on aime et qu’on sert. Cette forme d’égoïsme, c’est penser utilement à son propre bien-être pour que, ensuite, on puisse donner sans s’effondrer.

Deuxièmement, être égoïste pour clarifier ses limites. Aider, c’est souvent dire oui à tout. Mais dire non parfois, avec bienveillance, c’est aussi un acte qui protège les autres. Si on n’a pas posé de limites claires, on peut devenir ressource-manquant: épuisé, irrité, moins disponible. Se dire: “je peux aider sur tel point, pas sur tel autre,” ou “je peux consacrer tel créneau, pas plus,” ce n’est pas égoïsme égoïste, c’est lucidité. Ça permet d’être présent là où on peut vraiment faire la différence et d’éviter les promesses qui ne tiennent pas.

Troisièmement, être égoïste pour mieux écouter et comprendre. Quand on se donne l’espace d’être soi-même, on peut aussi mieux écouter les autres sans projection. On repère nos propres filtres et on ouvre les oreilles à ce dont les autres ont réellement besoin, pas à ce qu’on imagine qu’ils veulent. Cette écoute responsable transforme l’aide en action pertinente: une aide qui s’ajuste, qui accompagne plutôt qu’elle n’impose, qui respecte les choix et les rythmes des autres.

Quatrièmement, être égoïste pour cultiver des ressources partagées. Au lieu de tout faire seul, on peut chercher des partenaires, des réseaux, des outils qui multiplient l’impact. Investir dans des relations, apprendre des autres, déléguer, collaborer: tout cela, c’est une énergie qui se réutilise et qui permet à chacun de contribuer à partir de ses forces. C’est une forme d’égoïsme collectif qui ne diminue pas les autres, mais les élève.

En résumé, être égoïste pour servir les autres, ce n’est pas un paradoxe: c’est une méthode pratique et durable. Prendre soin de soi, poser des limites claires, écouter avec attention, et construire des coopérations — voilà des gestes qui transforment le “donner” en quelque chose de plus riche et de plus fiable. Cette approche peut paraître surprenante en apparence, mais elle est souvent ce qui permet de rester vrai et efficace dans nos actes quotidiens de solidarité.

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