L’Evangile

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)

Alléluia. Alléluia.
« Le Verbe s’est fait chair,
il a établi parmi nous sa demeure.
À tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »
Alléluia. (cf. Jn 1, 14a.12a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
    voyant Jésus venir vers lui,
Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde ;
    c’est de lui que j’ai dit :
L’homme qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était.
    Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
    Alors Jean rendit ce témoignage :
« J’ai vu l’Esprit
descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
    Et moi, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’
    Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu. »

Sa réflexion

Tu connais ce moment dans l’évangile où Jean-Baptiste voit Jésus arriver et qu’il dit simplement: « Voici l’agneau de Dieu, qui porte le péché du monde. » Rien de spectaculaire, pas de grand discours, juste une constatation. Et puis il ajoute: « Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi. » Ça, c’est fort. C’est comme s’il disait: j’ai été envoyé pour préparer le chemin, mais ce qui compte, c’est ce qui vient après moi – celui qui dépasse mes mots, celui qui donne sens à tout, même à ce que je fais.

Dans notre vie d’aujourd’hui, où tout va vite, où l’information abonde et où chacun revendique son point de vue, ce texte nous invite à ralentir un peu et à regarder droit au cœur des choses: qui est-ce qui passe vraiment dans notre quotidien? Qui est-ce qui porte avec simplicité et profondeur ce que nous ne pouvons pas porter seuls? Jean-Baptiste ne cherche pas le feu des projecteurs. Il regarde Jésus et s’efface pour laisser apparaître l’autre, celui qui est lumière et vérité.

Et puis il y a cette phrase qui peut paraître sèche au premier degré: « Celui qui me a envoyé pour baptiser d’eau m’a dit: Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et rester, c’est celui qui baptise dans l’Esprit Saint. » C’est comme une porte ouverte: il ne s’agit pas seulement d’un rituel, d’un signe extérieur. C’est une expérience intime: un changement de regard, une reconnaissance que Dieu est vivant et actif dans le monde, pas seulement dans les temples ou dans les textes, mais dans les gestes simples du quotidien.

Alors, qu’est-ce que cela peut dire pour nous aujourd’hui? Peut-être trois lignes directrices:

  • La simplicité comme louange: Jean-Baptiste fait simple: « Voici l’agneau de Dieu. » Parfois, ce que Dieu fait dans ma vie se découvre dans une parole courte, un geste de bonté, une décision honnête que j’ose prendre. On n’a pas besoin d’un flash continuous pour percevoir la présence de Dieu: une parole vraie, un acte de service, un sourire qui désarme.
  • Le regard qui libère: Jean ne s’impose pas comme le protagoniste de l’histoire. Il ouvre la voie et, quand Jésus est là, il se retire, il laisse la scène à celui qui vient après lui. Dans nos familles, nos équipes, nos quartiers, c’est une invitation à favoriser les talents des autres, à mettre en lumière ce qui est vraiment important plutôt que ce qui est spectaculaire.
  • L’expérience du souffle: l’Esprit descendre et rester, ce n’est pas une expérience ponctuelle, c’est une présence qui transforme, qui donne goût et direction. Dans nos vies trépidantes, cela peut se traduire par des temps de ressourcement, des habitudes qui nourrissent l’esprit: silence, prière, écoute des autres, simplicité évangélisante dans nos interactions.

En somme, ce deuxième dimanche A nous rappelle que la vraie vie ne se mesure pas à la vitesse ou au bruit, mais à la reconnaissance de celui qui est « plus grand que moi », celui qui porte l’avenir et qui invite à une relation plus profonde avec Dieu et avec les autres. On ne fait pas de grandes démonstrations; on accueille, on partage, et on laisse l’Esprit agir là où on est, avec ce que l’on a. C’est peut-être là que réside le cadeau pour notre époque: une foi qui décentre, qui fait place à l’autre, qui transforme le quotidien par des gestes simples et sincères.

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