
On nous répète partout qu’il faut être « au top » : corps parfait, couple parfait, carrière parfaite, feed Instagram parfait. Sauf que dans la vraie vie, personne n’est parfait. On doute, on se trompe, on galère, on recommence. Et si, justement, c’était ça, le vrai chemin vers quelque chose qui ressemble à la perfection ?
L’imperfection, ce n’est pas un bug : c’est le point de départ.
Tu apprends à marcher en tombant. Tu deviens bon dans ton métier en faisant des erreurs. Tu comprends ce que tu veux vraiment dans la vie après t’être planté plusieurs fois. Sans imperfection, pas d’apprentissage. Sans échecs, pas de progrès.
Le problème, ce n’est pas d’être imparfait, c’est de croire qu’on devrait déjà être parfait.
Résultat : on se compare, on se dévalorise, on cache nos failles comme si c’était honteux. Alors qu’en réalité, ce sont souvent nos fêlures qui nous rendent humains, profonds, intéressants. La personne qui n’a jamais vécu de difficulté n’a pas grand-chose à raconter.
La « perfection » dans nos vies actuelles, ce n’est pas un état figé où tout est nickel.
C’est plutôt un mouvement : faire un peu mieux qu’hier, comprendre un peu plus qui on est, oser s’ajuster, évoluer. On ne devient pas « parfait », on affine. Comme une version 2.0, 3.0, 10.0 de soi-même. Et chaque bug corrigé vient d’une imperfection repérée.
Nos imperfections nous obligent à :
- nous remettre en question,
- demander de l’aide,
- développer de l’empathie,
- être plus tolérants avec les autres,
- chercher des solutions nouvelles.
Dans un monde qui met en avant l’image, lisse et filtrée, accepter son imperfection, c’est presque un acte de rébellion.
C’est dire : « Je suis en chantier, et c’est normal. »
Et paradoxalement, plus on accepte ses imperfections, plus on devient solide. On n’est plus dans la course à la façade parfaite, on est dans un travail réel sur soi.
« L’imperfection conduit à la perfection » peut alors vouloir dire ceci :
en accueillant ce qui ne va pas encore, en l’observant, en le travaillant, on se rapproche d’une version plus juste de nous‑mêmes. Pas parfaite au sens « sans défaut », mais alignée, authentique, en évolution.
Au fond, la seule vraie imperfection toxique, ce serait de croire qu’on n’a plus rien à apprendre. Tout le reste, ce ne sont que des marches d’escalier.

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