Quand on entend cette phrase :
« Jésus dit : je suis venu pour toi, précisément parce que tu n’es pas parfait. Viens, suis-moi »,
ça peut presque nous déstabiliser.

Parce que, franchement, on vit dans un monde où on nous répète l’inverse :
– Sois performant.
– Sois au top.
– Ne montre pas tes faiblesses.
– Cache ce qui ne va pas, maquille ce qui fait honte.

Et là, l’Évangile vient dire :
C’est justement parce que tu n’es pas parfait que Jésus vient vers toi.
Pas malgré tes fragilités, mais à cause d’elles.

On a parfois une image de Dieu comme d’un prof qui corrige les copies :
– les bons points pour les “gentils”,
– les mauvaises notes pour les “pas au niveau”.

Et nous, on essaie de rentrer dans la catégorie “bons élèves de Dieu” :
– faire ce qu’il faut,
– cocher toutes les cases,
– ne pas trop faire de vagues.

Mais Jésus, lui, ne parle pas comme ça.
Il ne dit pas : « Quand tu seras enfin au point, reviens me voir. »
Il dit : « Je suis venu pour toi. Maintenant. Comme tu es. »

Avec :
– tes contradictions,
– tes colères,
– tes blessures d’enfance qui traînent encore,
– tes addictions ou tes dépendances,
– tes échecs de couple, d’amitié, de famille,
– ton sentiment de ne pas être à la hauteur.

Et il ajoute : « Viens, suis-moi. »

Ce “Viens, suis-moi”, ce n’est pas une phrase jolie pour vitrail d’église.
C’est très concret. Ça veut dire :
– Laisse-moi entrer dans ta vie.
– Arrête de croire que tu dois tout gérer tout seul.
– Laisse-moi marcher avec toi là où tu n’oses plus trop regarder.

On croit souvent que suivre Jésus, c’est pour les “bons chrétiens”, ceux qui ont tout compris, qui prient bien, qui ne font jamais de grosses bêtises.
Mais l’Évangile raconte l’inverse :
Les gens que Jésus appelle, ce sont :
– des pêcheurs qui n’ont rien compris,
– un collecteur d’impôts pas très clean (Lévi),
– une femme adultère,
– des malades, des possédés, des exclus.

Comme s’il disait à chacun :
« Je ne t’appelle pas parce que tu es parfait,
je t’appelle pour te relever, pour te remettre debout, pour t’apprendre à vivre autrement. »

Et ça change tout.

Parce que du coup, tu n’as plus besoin de faire semblant devant Dieu.
Tu peux lui dire :
– “Voilà où j’en suis.”
– “Voilà mes galères.”
– “Voilà ce que j’ai honte d’avouer aux autres.”

Et entendre au fond de ton cœur :
« C’est là, précisément là, que je veux te rejoindre. »

“Viens, suis-moi”, ça ne veut pas dire :
“Quitte tout du jour au lendemain et deviens parfait en 24 heures.”
Ça veut dire :
– Fais un pas. Un seul.
– Aujourd’hui, choisis-moi une fois.
– Laisse-moi influencer un choix, une parole, un geste.

Peut-être :
– demander pardon à quelqu’un,
– arrêter une parole blessante,
– poser un acte de douceur là où tu as l’habitude de te fermer,
– reprendre la prière 5 minutes par jour,
– oser remettre un pied à l’église, même si tu te sens “pas à ta place”.

Suivre Jésus, ce n’est pas un “saut dans le parfait”, c’est un chemin.
Un chemin où l’on tombe, on se relève, on retombe, et il est toujours là pour redire :
« Je suis venu pour toi. Je ne lâche pas. Viens, on repart. »

Dans un monde qui te juge sur ce que tu réussis,
Jésus te regarde pour ce que tu es,
et pour ce que tu peux devenir avec lui.

Alors peut-être que la vraie question, ce n’est pas :
“Est-ce que je suis digne de le suivre ?”
mais plutôt :
“Est-ce que j’accepte enfin de me laisser aimer tel que je suis,
assez pour faire un pas derrière lui ?”

Tu n’es pas parfait.
Tu ne le seras jamais totalement sur cette terre.
Mais tu es aimé.
Et c’est à partir de là que tout peut commencer.

Et aujourd’hui, maintenant, au milieu de ta vie telle qu’elle est,
Jésus te murmure encore :
« Je suis venu pour toi, précisément parce que tu n’es pas parfait.
Viens, suis-moi. »

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